Brésil : Rapport de la Commission Pastorale de la terre (CPT) sur les conflits liés à la terre en 2013

34 personnes assassinées en 2013

Brasilia, 2 avril 2014 (Apic) En 2013, 34 personnes ont été assassinées au Brésil dans le cadre de conflits agraires. Quinze d’entre elles sont des indiens. Le nombre d’homicides touchant les indigènes est le plus important jamais enregistré depuis 2005, année de publication du premier rapport sur les conflits agraires par la Commission Pastorale de la Terre (CPT).

Le nombre de conflits en milieu rural est en léger recul en 2013 par rapport à l’année précédente. 1266 conflits ont ainsi été recensés contre 1364 en 2012. Cette baisse concerne aussi bien les conflits pour la terre que ceux liés au travail. En revanche, le nombre de conflits liés à l’eau est en nette augmentation (+32%), passant de 72en 2012 à 104 en 2013.

Le nombre de nombre de personnes assassinées a accusé un très léger recul par rapport à 2012 passant de 36 à 34 personnes en 2013. La tendance est également à la baisse pour les personnes menacées de mort (15 en 2013 au lieu de 77 en 2012) et les tentatives d’assassinats (195 en 2013, 241 en 2012). Par contre, le nombre de personnes retenues prisonnières est en nette augmentation, passant de 99 à 143. Quant au nombre d’agressions physiques, il a quasiment triplé, de 88 en 2012 à 243 en 2013.

Les populations indigènes sont les premières victimes

Lors de la présentation de ce rapport 2013, lundi 28 avril 2014, au siège de la Conférence des évêques du Brésil (CNBB), à Brasilia, les auteurs ont souligné que les populations indigènes ont été particulièrement victimes en 2013 de ces violences en milieu rural. Ainsi sur 1266 plaintes enregistrées à propos de conflits liés à la terre, 205 concernent des peuples indigènes.

Le constat est aussi inquiétant en ce qui concerne le nombre de violences. Sur 829 victimes -assassinats, menaces de mort, détentions arbitraires, intimidations, tentatives d’assassinats et autres, 238 étaient des indigènes. Concernant les assassinats, les indigènes représentent près de la moitié des victimes, 15 sur 34 meurtres. Une situation particulièrement inquiétante pour les responsables de la CPT qui indique que, « depuis la première édition du rapport, en 2005, jamais les peuples indigènes avaient été autant impliquées dans les violences liées à la terre ». Des peuples indigènes qui luttent notamment contre le développement de projets d’exploitations minières et l’avancée des monocultures.

Sans surprise c’est l’état du Mato Grosso du Sud, au sud-ouest du Brésil, à la frontière avec le Paraguay et la Bolivie, où les grands propriétaires ne reconnaissent pas les droits à la terre des peuples indigènes, qui détient le record des violences à l’égard de ces derniers, avec pas moins de 15 menaces de mort, 7 tentatives d’assassinats, 3 meurtres et 8 détentions arbitraires.

Lutte pour la reconnaissance du territoire

Les Etats de Roraima, au nord de l’Amazonie, et de Bahia, au nord-est du pays, contribuent eux aussi lourdement aux violences perpétrées à l’égard des peuples indigènes. Dans ce dernier Etat, par exemple, 4 des 6 assassinats liés à la terre, ont eu pour victimes des indiens Pataxos, en lutte pour la reconnaissance de leur territoire. Un thème récurrent d’ailleurs puisque la CPT souligne qu’au delà des violences, 2013 a également été une année « record » en ce qui concerne les actions des peuples indigènes pour le respect de leurs terres. Ainsi, plus d’un quart des plaintes déposées auprès des autorités sur ce thème (61 sur 230 occurrences enregistrées) l’ont été par des peuples indigènes dont les droits à vivre sur leurs terres ont été bafoués. (apic/jcg/mp)

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