Les anciens combattants du Sud sont marginalisés
Hô-Chi-Minh-Ville, 3 mai 2014 (Apic) Une rencontre avec les blessés de guerre de l’armée sud-vietnamienne, organisée par les communauté bouddhiste et catholique rédemptoriste, s’est déroulée pour la seconde fois le 28 avril 2014, à Hô-Chi-Minh-Ville, dans le sud du pays. Depuis la prise de la ville, auparavant appelée Saigon, le 30 avril 1975, par les troupes du Nord communiste, les soldats vétérans du Sud sont ignorés par le pouvoir et marginalisés.
De nombreux blessés et mutilés de guerre ont été accueillis dans les locaux du monastère rédemptoriste à l’occasion de la «Journée de reconnaissance envers les blessés et mutilés de guerre de la République du Vietnam».
La rencontre, dont l’initiative émane de la communauté rédemptoriste de Saigon et de la pagode bouddhiste Lien Tri, avait, pour la première fois en 2013, rompu avec presque 40 ans de silence et d’oubli, bravant d’éventuelles représailles officielles, rapporte Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
L’affluence a été très importante. 422 anciens combattants s’étaient inscrits. 50 n’ont pas pu venir, ayant été soit empêchés par la police, soit dans l’impossibilité de se déplacer. Le Père rédemptoriste Dinh Huu Thoai a relevé que, même si les forces de l’ordre avaient agi contre la venue de certains vétérans, elles n’avaient cependant pas troublé la manifestation elle-même.
Aux yeux du religieux, les autorités auraient dû au contraire encourager cette initiative, car la réhabilitation des anciens combattants du Sud-Vietnam et leur retour au sein des forces vives du pays constitueraient une grande avancée dans la politique de réconciliation nationale, préconisée aujourd’hui par le gouvernement vietnamien.
Selon les organisateurs, l’objectif principal de cette manifestation était de restituer leur dignité à toutes ces personnes ayant combattu pour la défense de leurs compatriotes, sacrifiant parfois pour cela leur intégrité physique. «C’est là une réalité historique qui devrait être reconnue par tous, a souligné le Père Dinh Huu Thoai, quel que soit le jugement porté sur la deuxième guerre du Vietnam». (apic/eda/rz)
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