Des capacités d’action qui dépassent les moyens des groupes locaux
Abuja, 3 mai 2014 (Apic) Caritas au Nigeria a récemment demandé au gouvernement de vérifier si Boko Haram ne bénéficiait pas de soutiens externes. Suite à l’attentat du 1er mai dernier, qui a fait au moins 19 morts à Abuja, la capitale, l’œuvre d’entraide catholique estime qu’une telle opération dépasse les capacités des cellules locales du groupe islamiste.
Au moins 19 morts et 80 blessés: tel est le bilan, encore provisoire, de l’attentat à l’explosif à la gare routière de Nyanya. Le lieu de l’explosion est situé à une cinquantaine de mètres de l’attentat du 14 avril, qui a tué plus de 75 personnes. Cet acte terroriste, comme le précédent, est attribué à la secte islamiste Boko Haram, qui a pour objectif l’établissement d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria.
Ces violences provoquent de vives polémiques dans le pays, au point que les diverses forces politiques s’accusent mutuellement d’exploiter ou même de soutenir les actions de la secte islamiste, indique l’agence d’information vaticane «Fides». Une attitude critiquée par Caritas, qui affirme dans son communiqué que le gouvernement fédéral ne doit pas recourir à une politique «visant à faire diversion». L’œuvre d’entraide invite les autorités à aller aux racines du phénomène Boko Haram et de sa capacité renouvelée à frapper dans diverses parties du pays.
La Caritas se demande, tout en n’excluant pas des complicités internes, de vérifier si Boko Haram ne bénéficie pas de soutiens externes. «Le niveau de sophistication et la quantité d’armes et de soutien logistique des insurgés laissent entrevoir une opération bien financée et techniquement bien organisée qui va au-delà des capacités des groupes locaux. Le gouvernement nigérian devrait vérifier les spéculations selon lesquelles certaines nations étrangères sont mécontentes du potentiel du Nigeria et veulent démembrer le pays, en exploitant pour cela les prochaines élections de 2015″, relève la Caritas.
Boko Haram continue à détenir plus de 100 étudiantes enlevées mi-avril dans un lycée de Chibok, au nord du pays. Selon la presse nigériane, plusieurs jeunes filles auraient été emmenées au Cameroun et au Tchad, où elles auraient été vendues pour être épousées. (apic/fides/rz)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/des-capacites-d-action-qui-depassent-les-moyens-des-groupes-locaux/