Pour beaucoup, un problème «américain ou irlandais»

Rome: Il y a encore du déni dans l’Eglise concernant la pédophilie, regrette le cardinal O’Malley

Rome, 3 mai 2014 (Apic) Le cardinal Sean O’Malley, président de la nouvelle commission anti-pédophilie instituée par le pape François, a déploré qu’il y ait «encore beaucoup de personnes qui ne voient pas cela comme un problème de l’Eglise universelle».

Au terme de la première réunion de trois jours de ce nouvel organe, le 3 mai 2014, le prélat américain a estimé que l’ignorance et le déni étaient encore importants dans l’Eglise sur la question des abus sexuels sur mineurs. Pour cette raison, la Commission pontificale pour la protection de l’enfance sera notamment en charge d’établir des protocoles efficaces de protection des mineurs. Elle sensibilisera également sur les conséquences tragiques des abus, par le biais d’un travail d’éducation, a indiqué l’archevêque de Boston.

Le cardinal O’Malley, champion anti-pédophilie dans son diocèse, a précisé que beaucoup pensaient encore qu’il s’agissait d’un problème uniquement «américain ou irlandais», suite aux graves scandales qui ont explosé dans ces pays. Marie Collins, membre de la commission et victime dans son enfance d’un prêtre pédophile, a dressé le même constat, soulignant que «certains évêques» jugeaient que le sujet ne concernait pas leur diocèse.

Cette première réunion a été l’occasion de réfléchir aux statuts et à la nature de la commission, qui collaborera avec différents dicastères de la curie, notamment la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Congrégation pour le clergé, de même qu’avec le Bureau de presse du Saint-Siège et la gendarmerie vaticane.

Responsabilité de l’Eglise

La commission, a poursuivi l’archevêque de Boston, «ne traitera pas des cas individuels d’abus», mais elle devra notamment garantir la responsabilité de l’Eglise dans les cas de crimes pédophiles commis par des membres du clergé. « Dans les statuts, a encore souligné le cardinal O’Malley, nous entendons présenter des propositions spécifiques pour sensibiliser les personnes sur les conséquences tragiques des abus sexuels et sur les conséquences dévastatrices de l’absence d’écoute». Le prélat a insisté sur l’importance de l’éducation dans ce domaine. Ces propositions seront transmises au pape, qui les transmettra aux Conférences épiscopales du monde entier, a-t-il précisé.

Le cardinal américain a également affirmé que la commission avait pour principe que le bien d’un enfant ou d’un adulte vulnérable est prioritaire dans n’importe quelle décision. Certains ont en effet accusé l’Eglise d’avoir privilégié, par le passé, la réputation de l’institution.

De nouveaux membres, dont sans doute d’autres victimes, devraient prochainement rejoindre la commission, composée pour l’heure de quatre hommes, dont deux Pères jésuites et un cardinal, ainsi que de quatre femmes. (apic/imedia/mm/rz)

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