Le Père Lombardi avait prévenu des risques de «dérapages» du Comité

Genève: La pédophilie et l’avortement au cœur de l’audition du Saint-Siège par le Comité onusien contre la torture

Rome, 5 mai 2014 (Apic) Le Comité des Nations unies contre la torture, à Genève, a soumis, le 5 mai 2014, la délégation du Saint-Siège à une avalanche de questions tournant surtout autour de la lutte contre la pédophilie et de la position de l’Eglise catholique sur l’avortement. Peu avant cette audition de deux jours, selon la procédure habituelle, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, avait indiqué que le comité sortirait probablement du cadre strict de la Convention contre la torture, poussé par certaines ONG idéologiquement orientées. Selon le porte-parole du Vatican, c’est ce qui c’était déjà passé en janvier dernier lors de l’audition de la délégation vaticane par le Comité de l’ONU des droits de l’enfant.

Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent auprès des Nations unies à Genève et chef de la délégation, a tout d’abord proposé une présentation très générale du rapport du Saint-Siège sur l’interprétation par le Vatican du texte de l’ONU contre la torture. Les auditeurs du comité onusien se sont ensuite succédés pour soumettre leurs questions sur le respect de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Comme le Père Lombardi l’avait anticipé, ces questions se sont concentrées en grande partie sur les abus sexuels sur mineurs, assimilés à la torture. Selon le Comité, l’Eglise n’a pas été pendant des décennies en mesure de faire face à ce fléau, même si des démarches prometteuses ont été lancées. L’un des auditeurs a ainsi mentionné la Commission pour la protection de l’enfance, récemment instituée par le pape François et dont la première réunion a eu lieu au Vatican, du 1er au 3 mai. Mais le Comité a souhaité en savoir davantage sur les enquêtes en cours, notamment à la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur les cas suspects qui sont remontés jusqu’au dicastère.

Concernant l’avortement, les auditeurs ont estimé que la position contraire de l’Eglise catholique exposait les femmes des pays en développement à des interruptions volontaires de grossesse à risque, là aussi assimilant de telles situations à de la torture.

ONG hostiles

Le cas de Paolo Gabriele, l’ancien majordome de Benoît XVI condamné en octobre 2012 pour vol aggravé de documents confidentiels puis gracié, a également été abordé, en réponse au rapport du Saint-Siège. Ce document rappelait qu’une enquête avait été ouverte suite aux allégations de Paolo Gabriele selon lesquelles il avait été retenu dans une cellule avec la lumière allumée pendant 24 heures. Le comité a demandé où en était ce dossier.

Mgr Tomasi, qui doit préparer ses réponses pour la seconde phase de cette audition, le lendemain, a d’ores et déjà souligné que certaines questions étaient du ressort d’autres comités onusiens et rappelé que l’Eglise catholique n’était pas superposable au Saint-Siège, ou à l’Etat de la Cité du Vatican. Il a également reconnu la gravité de la question des abus sexuels sur mineurs, sortant du cadre de l’Eglise et estimant que la question concernait des millions de cas chaque année, notamment dans les familles.

Ces questions avaient été abordées de façon très semblable au mois de janvier dernier, lors de l’audition par le Comité des droits de l’enfant. Les conclusions onusiennes avaient été particulièrement sévères envers le Vatican, qui avait alors dénoncé l’influence d’ONG hostiles à l’Eglise. Selon le Saint-Siège, le Comité n’avait absolument pas pris en compte l’arsenal législatif développé pour satisfaire les exigences de la convention relative aux droits de l’enfant.

Dans une note publiée quelques jours avant cette nouvelle audition, le 2 mai, le Père Lombardi a pris les devants et rappelé l’adoption de ces lois. Il avait aussi prévenu que le Comité pourrait sortir du cadre strict de la torture, évoquant le caractère «forcé» d’une telle démarche d’instrumentalisation. (apic/imedia/mm/rz)

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