Les blessures de la guerre civile encore non refermées
Rome/Bujumbura, 5 mai 2014 (Apic) Le pape François a invité, le 5 mai 2014, les évêques du Burundi, en proie à une crise sociopolitique, à prendre part au dialogue social et politique dans leur pays, et à ne pas hésiter à rencontrer les pouvoirs publics. Dans le message qu’il a remis aux évêques de ce petit pays d’Afrique, pour leur visite Ad limina au Vatican, le pape a également déploré que de profondes blessures ne soient pas encore refermées, après la guerre civile de 1993.
«Je ne peux que vous encourager à prendre toute votre place – et vous le faites déjà – dans le dialogue social et politique, et à rencontrer sans hésiter les pouvoirs publics», écrit le pape dans son message. Il assure que les personnes en charge de l’autorité ont, les premières, besoin de leur témoignage de foi et de leur annonce courageuse des valeurs chrétiennes, afin qu’elles connaissent davantage la doctrine sociale de l’Eglise, en apprécient la valeur et s’en inspirent dans la conduite des affaires publiques.
Le pontife appelle à une authentique conversion des cœurs à l’Evangile, seule capable de pouvoir incliner les hommes à l’amour fraternel et au pardon, après les terribles conflits qu’a connu le Burundi. Le pape François regrette que le peuple burundais demeure trop souvent divisé et que de profondes blessures ne soient pas encore refermées.
Le Saint-Père rappelle que le Burundi a connu une histoire récente difficile, traversée par la division et la violence, dans un contexte de grande pauvreté qui malheureusement perdure. «Malgré cela, écrit-il aux évêques, les efforts courageux d’évangélisation que vous déployez dans votre ministère pastoral portent de nombreux fruits de conversion et de réconciliation». Et le pape François d’inviter les évêques burundais «à ne pas faiblir dans l’espérance, mais à aller courageusement de l’avant, avec un esprit missionnaire renouvelé».
Depuis plusieurs mois, le Burundi est miné par une crise sociopolitique marquée par l’arrestation de plusieurs hommes politiques de l’opposition. Dès lors, des observateurs internationaux craignent un retour des violences, alors que le pays se prépare pour les élections présidentielles de 2015 et que l’actuel président, Pierre Nkurunziza, entend briguer un nouveau mandat. Le Burundi a connu une guerre civile sanglante en 1993, qui a duré jusqu’au milieu des années 2000. (apic/imedia/ami/rz)
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