Fribourg: 20 Genevois ont vécu «un jour au Monastère» à la Maigrauge
Fribourg, 14 mai 2014 (Apic) Dans le cadre de la formation de l’Eglise catholique romaine de leur canton, 20 Genevois ont choisi de vivre «un jour au Monastère» en terre fribourgeoise. Sous la direction de l’ancienne Abbesse, Mère Gertrude, ils sont partis à la découverte historique, culturelle et spirituelle de l’Abbaye cistercienne de la Maigrauge.
Depuis 8 ans, une Communauté religieuse de Suisse romande accueille chaque année un petit groupe oecuménique issu du canton de Genève, animé par la théologienne Monique Desthieux et le journaliste Raphaël Pasquier.
Après avoir déjà visité les monastères de la Fille-Dieu à Romont, de l’Abbaye d’Hauterive, des Dominicaines à Estavayer-le-Lac, des Clarisses à Jongny, de la Visitation à Fribourg et celui des Bernardines à Collombey, le cap fut mis cette année sur l’Abbaye cistercienne de la Maigrauge (1255-2014) en Vieille-Ville de Fribourg, où vivent onze moniales.
Au programme se déclinaient trois axes avec la découverte historique, culturelle et spirituelle de la trace cistercienne sous la conduite de l’ancienne Abbesse, Mère Gertrude. Vivre un jour au monastère, c’est éprouver un espace de silence, des temps de prières au rythme des offices sans oublier un partage biblique sur le mode de la Lectio divina, cette école de lecture qui invite à la méditation et au désir de l’amour de Dieu.
Mère Gertrude a brossé l’histoire de l’aventure cistercienne qui plonge ses racines chez les premiers Pères du désert, puis avec Jean Cassien, héritier des traditions égyptienne et palestinienne, avec encore Ambroise, Augustin l’africain, Benoît et sa règle qui récapitule et synthétise la vie monastique. Puis ce fut un arrêt sur image avec Bernard de Clairvaux qui cible sa règle sur une vie évangélique authentique, comme une source de vie personnelle et fraternelle, tenant ensemble la liberté de chaque moine et l’exigence d’une vie communautaire dans une libre obéissance. Point d’orgue de la règle: l’écoute du Maître selon l’invitation biblique.
La découverte de l’art cistercien, toujours en compagnie de Mère Gertrude, prolongeait sa présentation historique et introduisait aux intuitions spirituelles, celles de tous les désirs, plus loin que le désir d’une Terre Promise, un plus grand désir qui se nomme terre d’union et de communion à Dieu, terre d’alliance sans cesse à renouveler dans le monde. L’Abbaye dans sa sobriété et dans sa clarté ouverte sur l’Orient qui symbolise le Christ ressuscité, traduit un climat d’intériorité et une ambiance fraternelle illustrée par les stalles de bois, elles qui réchauffent la pierre nue de la bâtisse, elles encore qui enchantent l’édifice entier, comme témoin de la fidèle louange d’une communauté qui traverse l’histoire depuis 759 ans!
Dernier passage avec le témoignage de vie de Mère Gertrude qui raconte comment elle a quitté sa Suisse allemande pour atterrir à la Maigrauge. Orpheline de père très jeune, elle se demandait déjà à quoi bon vivre si c’est pour mourir! Et qu’est-ce qu’il y a après la mort? Plus tard dans sa jeunesse, suite à un accident de ski, elle partage une chambre d’hôpital avec cinq femmes. Pourquoi quelques unes d’entre elles étaient-elles heureuses et les autres malheureuses? Pourquoi? Si ce n’est de constater que les heureuses étaient des femmes qui aimaient, et non pas les malheureuses. Mystère de l’amour qui rend heureux! Ce fut pas à pas, et suite à la lecture de l’Evangile de Jean, que la clé de son bonheur lui fut révélée, puisqu’elle découvre alors que «Dieu est Amour». Un moine lui indiquera la direction de l’Abbaye où elle vit depuis 50 ans.
Et la rencontre prend fin avec un partage biblique en deux groupes à la page de l’Evangile de Jean et cette question: «Si tu es le Messie, dis-le-nous ouvertement!» Question à laquelle Sœur Anne-Stéphanie a pu partager ses doutes et sa confiance. Histoire de savourer la formule de l’abbé Maurice Zundel qui disait que «Dieu ne se prouve pas, mais qu’il s’éprouve!»
Le prochain rendez-vous de «un jour au monastère» prendra la direction du Carmel du Pâquier, en mai 2015. D’ici là, le même Département de la formation de l’ECR à Genève propose en juin prochain une semaine de retraite cistercienne en Savoie. (apic/rp/bb)
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