Au moins 500 adultes et 170 enfants chrétiens tués depuis 2009
Abuja, 18 mai 2014 (Apic) Au moins 500 adultes et plus de 170 enfants catholiques ont été tués depuis 2009 lors des violences religieuses, dans les trois États du nord-est de l’Adamaoua, de Yobe et Borno, au Nigeria, ont annoncé des responsables diocésains de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, cités par le par le quotidien nigerian, « This Day » du 16 mai.
Lors d’une conférence de presse, le directeur de la communication sociale du diocèse, le Père Gideon Obasogie, le procureur et secrétaire diocésain, le Père John Bakeni Bogna, et le rédacteur en chef du journal «La Vérité», le Père Joseph Bature ont ajouté que les troubles ont fait 300 veuves et 1’500 orphelins. Plus de 90’000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du diocèse de Maiduguri, et 50 églises ou presbytères, incendiées. Des églises, à Pulka, Bama et Gamboru Ngala ont été assiégées. L’Eglise catholique a perdu pour plus de 400 millions de Nairas (près de 2,2 millions de CHF) de biens mobiliers, immobiliers, et matériels.
«L’Eglise est gravement touchée par la violence religieuse dans le pays. Elle a besoin de compensations du gouvernement», ont déclaré les reponsables diocésains lors de leur conférence de presse, organisée pour répondre aux critiques sur le silence de l’Eglise catholique, face à l’enlèvement, le 14 avril dernier, de plus de 300 jeunes filles dans un internat, au nord-est du pays.
Selon les trois responsables, l’Eglise catholique du Nigeria n’a jamais été «muette sur ces enlèvements». Elle est fortement impliquée dans la campagne « BringBack Our Girls » (Rendez-nous nos filles), et prie pour leur libération.
Pour l’abbé Bogna le diocèse à Maiduguri est devenue le théâtre de violences, un lieu de terrorisme et de bains de sang. Les fidèles vivent dans la peur et quittent la région. «La seule arme dont dispose l’Eglise face à cette situation de violence, c’est la prière», a-t-il souligné.
L’abbé Joseph Bature, a déploré en particulier les difficultés que rencontrent les écoles privées catholiques du diocèse, à cause des nombreuses attaques armées. La plupart de ces établissements ont été pillées ou brûlés. Les familles ont dû fuir avec eux leurs enfants. L’église a toujours l’intention de reconstruire les écoles détruites, mais beaucoup d’enseignants ont dû fuir et il est difficile d’en trouver de nouveaux. Les écoles de santé de Potiskum et de Pulka ont été fermées, une école à été pillée à Shuwa, a-t-il fait observer. (apic/ibc/mp)
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