Le bourreau attendra que l’enfant soit sevré
Khartoum, 23 mai 2014 (Apic) La chrétienne Meriam Yahia Ibrahim, 27 ans, a été condamnée le 11 mai 2014, à Khartoum, la capitale du Soudan, à mort pour apostasie de l’islam. La jeune femme enceinte de huit mois est déjà mère d’un petit garçon en bas âge, détenu avec elle. Selon l’association de défense des chrétiens du Moyen-Orient «Middle East Concern», l’exécution sera reportée jusqu’à ce que l’enfant à naître soit sevré.
La jeune chrétienne a également été condamnée à 100 coups de fouet pour «adultère», rapporte le 23 mai 2014 l’organisation internationale de défense des chrétiens «Portes ouvertes». D’après le Centre de Justice du Soudan, Meriam avait été arrêtée en septembre 2013, soupçonnée d’adultère, puis libérée sous caution. C’était son frère qui l’avait dénoncée, sous prétexte qu’elle était musulmane et n’avait donc pas le droit de vivre avec un chrétien. Or, le couple s’est marié à l’église en 2012 et a un fils de 20 mois. La cour correctionnelle d’Al-Haj Yousef, un quartier de Khartoum où vivent de nombreux chrétiens, a déclaré leur mariage chrétien non valide, ouvrant ainsi la voie aux accusations qui pèsent aujourd’hui sur Meriam, dont le père est musulman.
Meriam a grandi avec sa mère chrétienne dans une petite ville de l’ouest du pays. Après ses études à l’Université de Khartoum, elle a exercé la médecine. Elle a épousé Daniel Wani, un chrétien sud-soudanais avec un passeport américain. Alors que la reconnaissance légale du mariage est refusée à Meriam, la procédure ouverte contre son mari pour cause d’adultère a été interrompue en raison de la foi chrétienne indéniable de ce dernier.
Le fils du couple est détenu avec sa mère depuis l’arrestation, car les autorités considèrent l’enfant comme musulman et ne permettent pas qu’il soit élevé par son père chrétien. Daniel n’a même pas été autorisé à rendre visite aux siens en prison.
L’avocat de Meriam a annoncé qu’il allait faire appel. En cas de mise à exécution du jugement, l’autorité parentale serait retirée au père chrétien et transférée à l’Etat. Meriam est mise sous pression pour qu’elle renie sa foi chrétienne en échange d’une diminution voire d’une remise de sa peine, affirme «Portes ouvertes». (apic/com/rz)
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