Les imprévus seront autant redoutés qu’attendus
Jérusalem, 23 mai 2014 (Apic) Le pape François se rend pour la première fois en Terre Sainte, au cours d’une visite brève et particulièrement intense, du 24 au 26 mai 2014. Le programme de ce déplacement d’une soixantaine d’heures au total est réglé à la minute près et laisse très peu de place au repos sans aucun temps mort. Connu pour sa spontanéité, le pape pourrait être à l’origine d’imprévus autant redoutés qu’attendus, dans un contexte diplomatique sensible.
Comme pour tout voyage pontifical, le programme a été âprement débattu. Les Israéliens auraient voulu que le pape François reste davantage dans le pays. Les chrétiens locaux auraient souhaité, pour leur part, une grande messe à Nazareth. Finalement, le pape François a voulu s’en tenir au minimum. Pour lui, il s’agit véritablement de commémorer l’accolade historique entre Paul VI (1963-1978) et Athénagoras, en rencontrant Bartholomée 1er, patriarche orthodoxe de Constantinople. «Le reste, c’est déjà du bonus», glisse-t-on dans le staff de la Custodie de Terre Sainte.
Pour autant, ce programme très serré ne sera certainement pas respecté, du moins pas de façon ponctuelle, estime-t-on encore, d’où la possibilité que naissent certaines tensions.
Selon un éditorialiste du quotidien israélien Haaretz, la brièveté de cette visite et le fait qu’elle soit le premier voyage que le pape ait choisi lui-même de faire hors Italie (les Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro avaient été décidées par son prédécesseur) prouvent que l’étape de la Terre Sainte est désormais un passage obligé pour un pontife. Si Paul VI, pour le premier voyage d’un pape en Terre Sainte, n’y avait lui aussi passé que 3 jours, Jean Paul II (1978-2005) puis Benoît XVI (2005-2013) y avaient respectivement passé 6 et 7 jours. Selon l’éditorialiste, le pape François préfère s’acquitter au plus vite de ce devoir, en misant sur l’œcuménisme, conscient de l’extrême complexité de l’ensemble des questions régionales.
Face à l’immensité des problématiques, les 14 discours et homélies du pape écrits à Rome seront limés au millimètre. Dans l’Eglise locale, certains s’inquiètent de possibles gestes ou paroles non programmés. «Les journalistes lui pardonneront tout, mais pas les locaux», estime un Italien au service de l’Eglise de Terre Sainte.
Mais la personnalité du pape ouvre de nombreuses possibilités. La présence dans la délégation papale d’un rabbin et d’un dignitaire musulman, deux Argentins amis de longue date du pape, pourrait être notamment l’occasion de moments au fort impact symbolique. Mais son insistance sur la dimension spirituelle de ce voyage laisse à penser qu’il n’y aura pas de surprise au niveau politique lors de ses discours aux différentes autorités.
Quant à l’Eglise locale, aussi bien dans sa hiérarchie que dans sa base, elle pourrait bien prendre elle-même l’initiative de quelques surprises, prévient-on à Jérusalem. (apic/imedia/mm/bb)
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