Vives critiques dans les milieux médicaux et politiques
Zurich, 27 mai 2014 (Apic) La section alémanique d’Exit rendra le suicide plus accessible aux personnes âgées qui ne sont pas atteintes d’une maladie incurable. C’est ce qu’a décidé le 24 mai 2014 l’assemblée générale de l’association, réunie à Zurich. La décision fait déjà l’objet de vives critiques venant des milieux médicaux et politiques.
Exit alémanique a accepté une extension de son offre à des personnes souffrant de polypathologies liées à l’âge, rapporte la presse alémanique. La section romande de l’association avait déjà dit oui à ces propositions le 26 avril dernier, mais de façon discrète. «Quelqu’un qui est âgé, qui a des problèmes de surdité importants et qui va en plus devenir aveugle. S’il fait une demande et qu’il nous la répète, on va l’aider», a déclaré Jérôme Sobel, président d’Exit Suisse romande à la RTS.
Exit n’a pas défini, au terme de son assemblée générale, ce qu’elle entendait exactement par «personne âgée», expliquant que cela dépendait des personnes.
Le journal alémanique «Sonntagszeitung» a relayé le 25 mai un certain nombre de critiques, des milieux médicaux et politiques concernant la décision d’Exit. Jürg Schlup, président de la Fédération des médecins suisses (FMH) a exprimé ses craintes qu’une telle démarche exerce des pressions sur les personnes âgées, qui les pousseraient à se suicider. Selon les «Sonntagszeitung» la décision d’Exit rencontre un rejet généralisé chez les membres des commissions de santé de l’Assemblée fédérale. La conseillère nationale zurichoise démocrate-chrétienne Barbara Schmid-Federer a déjà annoncé qu’elle n’accepterait pas une «banalisation» du suicide assisté.
Autoriser la demande d’Exit donnerait un «signal dévastateur» à la société, non seulement aux personnes âgées, mais à tous ceux qui se sentent «fragiles». Un message selon lequel ils peuvent et ils doivent mettre un terme à leur vie prétendument «improductive», a critiqué la politicienne, qui est également la sœur de l’Abbé d’Einsiedeln, Mgr Urban Federer.
En 2013, « Exit » a exercé 459 assistances au suicide, soit 100 de plus que l’année précédente. Une telle assistance est possible uniquement si un médecin a délivré un certificat de santé de la personne. La modification de statut proposée suggère de pouvoir se passer à l’avenir d’un avis médical. L’association « Exit » compte quelque 72’000 membres et des dizaines de demandes d’adhésion arrivent chaque jour, indique son secrétariat.(apic/ag/arch/rz)
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