Chine : Premières religieuses contemplatives dans la partie «officielle» de l’Eglise catholique

Le monastère du «Jardin de saint Augustin» à Lin Tou

Pékin, 28 mai 2014 (Apic) Le premier monastère de religieuses contemplatives de l’Eglise «officielle» chinoise a été béni au début du mois de mai à Lin Tou, dans le diocèse de Yuci (Jinzhong), au Shanxi. Dans un pays où les autorités ne permettent l’existence de communautés religieuses que dans la mesure où elles sont activement engagées dans un travail socialement productif, cette première revêt un sens tout particulier, note l’agence d’informations des Mission étrangères de Paris «Eglises d’Asie»

Le monastère du «jardin de Saint Augustin» se situe sur une colline verdoyante du district de Lin Tou. L’évêque de Taiyuan, Mgr Paul Meng Qinglu, et l’évêque de Yuncheng, Mgr Wu Jinwei, à la tête de deux diocèses voisins de celui de Yuci, présidaient la messe d’inauguration. Tous deux en communion avec Rome, ils étaient entourés d’une cinquantaine de prêtres et ont lu la bénédiction envoyée du Saint-Siège pour l’occasion. Le directeur du Bureau local des Affaires religieuses ainsi que le secrétaire local du Parti communiste étaient également présents. L’évêque de Yuci, âgé et malade, était excusé.

Une fondation locale

L’origine de la fondation de ce monastère remonte à plusieurs années, lorsqu’une religieuse du diocèse de Yuci, Sœur Mary Niu Shufen, fut envoyée par sa congrégation en formation à l’étranger. Membre d’une congrégation diocésaine – pouvant donc avoir droit de cité au sein de l’Eglise «officielle» –, Sœur Niu fut accueillie par un monastère de religieuses augustines du Sussex, en Angleterre. C’est au sein de ce monastère puis dans un second, en Irlande, qu’elle nourrit le projet de revenir en Chine fonder un couvent de religieuses contemplatives. Après son retour en Chine, Sœur Niu a patiemment construit son projet, réunissant des religieuses partageant son idéal et cherchant des fonds pour mener à bien la construction du monastère. Aujourd’hui, deux religieuses sont à ses côtés, Sœur Shi Kemin et Sœur Wang Li. Attaché à suivre la règle de saint Augustin, le monastère accueillera un centre catéchétique et un centre de retraite. Adjacent aux bâtiments conventuels, une maison pour personnes âgées et pour infirmes ouvrira bientôt ses portes.

Si plusieurs initiatives existent déjà en Chine continentale en matière de présence contemplative, elles s’en tiennent à une très grande discrétion. Pour le gouvernement chinois les ordres contemplatifs, considérés comme étant en-dehors de la vie sociale, n’apportent aucune valeur productive à la société et n’ont donc pas leur place dans le pays. Les autorités se méfient en outre des liens que les religieux chinois pourraient entretenir avec les ordres religieux internationaux. L’œuvre portée par Sœur Niu et ses consœurs n’en apparaît que plus originale. (apic/eda/mp)

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