Papouasie indonésienne: Les Eglises chrétiennes dénoncent les violations des droits humains

Appel à l’ONU pour la «décolonisation»

Djakarta, 29 mai 2014 (Apic) Les ONG de défense des droits des aborigènes et les Eglises chrétiennes de la partie indonésienne de la Papouasie ont dénoncé la persistance des violations des droits de l’homme dans le pays et demandé une enquête internationale. A l’occasion de la session du comité spécial de l’ONU chargé de la décolonisation dans le Région Pacifique, du 21 au 23 mai, aux îles Fidji, les ONG et les Eglises ont critiqué «l’inertie des Nations Unies» et lancé un appel urgent à la communauté internationale.

Malgré des demandes répétées de leurs représentants, les provinces indonésiennes de Papouasie ne figuraient pas sur la liste des 17 territoires de la zone Pacifique examinés par le comité, rapporte le 29 mai 2014 Eglises d’Asie (EdA) l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. La réaction des organisations militant pour la «décolonisation» de la partie occidentale de l’île de Nouvelle-Guinée a été immédiate. «Les Nations Unie ont le devoir, et même plus, l’obligation morale, de venir en Papouasie indonésienne voir sur place ce que 51 ans d’administration de Djakarta ont fait pour les populations locales dont les ressources naturelles ont été exploitées et les droits de l’homme violés», a notamment déclaré Joe Collins, président de l’Australia West Papua Association (AWP).

Les Eglises pour l’auto-détermination

Deux jours avant l’ouverture de la session onusienne du «Comité des 24», le 19 mai, Radio New Zealand International avait relayé l’appel de la Conférence des Eglises du Pacifique, demandant aux représentants des Nations Unies d’ajouter la Papouasie indonésienne à la liste des territoires à examiner. Netani Rika, porte-parole de l’organisation œcuménique régionale, a rappelé que les responsables chrétiens réunis l’année dernière aux îles Salomon avaient réitéré leur conviction selon laquelle les populations du Pacifique devaient avoir droit à l’auto-détermination.

Les Eglises chrétiennes en Papouasie, protestantes comme catholiques, dénoncent régulièrement aux côtés des ONG de défense des droits indigènes, les violations des droits de l’homme et les exactions de l’armée et de la police indonésiennes envers les populations papoues.

Le Père John Jonga, prêtre catholique et ardent défenseur de la cause papoue, affirme que les exécutions extrajudiciaires et les violences envers les aborigènes ont encore augmenté depuis le début de l’année 2014.

Annexée par l’Indonésie

The International Forum for West Papua (IFWP) basé à Brisbane en Australie, a lancé une pétition à l’intention du comité spécial des 24, demandant une intervention urgente des Nations Unies pour que soit reconnu aux Papous d’Indonésie le statut de «population colonisée». Lors du referendum controversé de 1969, a rappelé le président du Forum, Amatus Douw, seuls 10 % de la population avaient été autorisées à choisir entre l’indépendance ou l’annexion par l’Indonésie.

La moitié occidentale de l’île de Nouvelle-Guinée appartient à l’Indonésie (ex-Irian Jaya, divisée depuis 2003 en provinces de Papouasie occidentale et Papouasie), tandis que la partie orientale de l’île, indépendante au sein du Commonwealth depuis 1975, est devenue la Papouasie Nouvelle-Guinée. (apic/eda/rz)

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