Un succès attesté par la prochaine rencontre de Shimon Pérès et Mahmoud Abbas
Jérusalem, 30 mai 2014 (Apic) «Le pape François ne s’est pas dérobé ou trompé une seule fois», a estimé le quotidien en ligne The Times of Israel le 29 mai 2014, trois jours après la courte et délicate visite du Saint-Père en Terre Sainte. Si l’ensemble de la presse israélienne salue cette visite de façon très positive, le quotidien de droite sioniste The Jerusalem Post a toutefois accusé le pape de «vouloir mener l’Eglise dans une direction anti-juive».
«Comment le pape a triomphé du conflit israélo-palestinien» titrait The Times of Israel, un journal centriste et sioniste. En substance, le quotidien affirmait que le pape n’a commis aucune erreur au cours de son voyage qui l’a mené de la Jordanie à Jérusalem, en passant par la Palestine.
«Certes, souligne le quotidien, le pape s’est arrêté devant le mur de séparation construit par Israël à Bethléem, conscient de l’image hautement symbolique qu’il laisserait. Mais le lendemain, en plus de son passage sur la tombe de Theodor Herzl, père du sionisme, il a accepté de se recueillir devant le mémorial des victimes du terrorisme, à Jérusalem.»
«Globalement, les Israéliens ont le sentiment que le pape a effectué un parcours sans faute. Il a vraiment cherché à contenter tout le monde» affirmait à l’agence de presse I.MEDIA le journaliste franco-israélien Matthias Inbar.
Pour beaucoup, une des preuves de ce succès reste l’acceptation par le président israélien Shimon Pérès et son homologue palestinien Mahmoud Abbas de se rendre au Vatican le 8 juin 2014, sur initiative du pape, pour un temps de prière commune en faveur de la paix. Alors que certaines voix critiques font remarquer qu’aucun des deux chefs d’Etat n’a réellement de pouvoir dans les discussions israélo-palestiniennes, The Times of Israël rappelle que «le pape François ne les a pas invités pour négocier, mais bien pour prier».
Toutefois, une frange de la population et certains organes de presse ont un avis nettement différent sur le passage du souverain pontife dans la région. C’est le cas du quotidien The Jerusalem Post, qui a publié un éditorial particulièrement violent.
Selon le journal sioniste, «la visite du pape en Terre Sainte a sonné le glas de l’âge d’or des relations entre juifs et chrétiens». Et de souligner la rupture marquée par le séjour du pape François par rapport à ceux de ses prédécesseurs Benoît XVI et Jean-Paul II. Là où ces derniers avaient toujours témoigné leur amitié envers le peuple juif, «le pontife actuel a multiplié les signes d’animosité». L’éditorialiste va jusqu’à l’accuser de vouloir mener l’Eglise «dans une direction anti-juive».
La halte du pape devant le mur de séparation à Bethléem le 25 mai est, quant à elle, dénoncée avec force. Ce geste, estime The Jerusalem Post, est un «acte d’hostilité extrême à l’encontre d’Israël et du peuple juif». Enfin, pour l’éditorialiste, la condamnation du terrorisme formulée par le pape et ses paroles au mémorial de Yad Vashem sonnent «faux à la lumière de ses actions». (apic/imedia/mm/hp/pp)
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