Indonésie: Le sultan de Yogyakarta dénonce l’inaction de la police face aux attaques antichrétiennes

Les agresseurs agissent souvent dans l’impunité

Djakarta, 4 juin 2014 (Apic) Commentant plusieurs récentes attaques antichrétiennes, Hamengkubuwono X, le très respecté sultan de Yogyakarta, au centre de l’île indonésienne de Java, a dénoncé le 2 juin 2014 l’inaction de la police. Il a suggéré que la passivité des forces de l’ordre était un facteur de la montée des attaques à caractère religieux dans la province de Java-Centre.

Le sultan, qui assume également le titre de gouverneur du Territoire spécial de Yogyakarta, a précisé que seule une application sans faille de la loi permettrait à la violence de reculer et à la paix civile de s’affirmer, rapporte Eglises d’Asie (EdA) l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.

En l’espace de huit jours, deux incidents se sont produits dans une région habituellement connue pour les bonnes relations qu’entretiennent les différentes communautés de croyants. Le 29 mai, sept personnes ont été blessées, dont l’une assez gravement, lorsque plusieurs dizaines d’hommes ont investi la demeure d’un catholique à Pangukan, à quelques kilomètres de Yogyakarta, où un groupe de fidèles, dont des enfants, récitaient le Rosaire. Les assaillants ont saccagé les lieux à coups de briques et de barres de fer.

Le second incident s’est produit le 1er juin, dans le même district. Des islamistes radicaux y ont caillassé une église pentecôtiste, brisant tous les vitraux.

Le problème des permis de construire

Un responsable musulman fondamentaliste local a affirmé dans le journal que l’attaque avait été menée parce que l’église ne disposait pas du permis nécessaire pour fonctionner comme lieu de culte. Nico Lomboan, responsable de l’Eglise pentecôtiste locale, a alors relevé que l’édifice attendait depuis 24 ans des autorités locales la délivrance du permis en question.

Les deux affaires renvoient à un problème récurrent en Indonésie. La complexité des règles en vigueur et le droit de veto accordé de facto au voisinage font qu’il est extrêmement difficile pour un groupe religieux minoritaire d’obtenir un permis de construire pour un lieu de culte. Et même dans les cas où ce permis est accordé, les groupes islamistes locaux réagissent avec violence et souvent dans l’impunité, souligne EdA.

Selon l’agence d’information catholique «AsiaNews», sept temples protestants du district de Cianjur, à 90 km au sud-est de Djakarta, viennent de fermer leurs portes, après que des groupes islamistes eurent dénoncé des irrégularités dans la délivrance des permis de construire. (apic/eda/asian/rz).

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