Rome: Longue interview exclusive du pape François accordée à un quotidien espagnol
Rome, 13 juin 2014 (Apic) Fondamentalisme religieux, scepticisme de la curie, ou encore conceptions politiques: le pape n’a éludé aucune question d’un journaliste du quotidien espagnol La Vanguardia. Dans une longue interview, publiée le 12 juin 2014, le pape revient sur des thèmes actuels avec un sens de la formule qui tend à devenir sa marque de fabrique. Ainsi, lorsqu’on l’interroge sur son respect relatif des consignes de sécurité, il affirme qu’il ne peut pas «dire son amour à un peuple à l’intérieur d’une boîte à sardines, même si elle est en verre».
Dans un tout autre registre, le pape François condamne fermement le fondamentalisme religieux: «La violence au nom de Dieu est une contradiction, elle ne correspond pas à notre époque. Dans une perspective historique, reconnaît toutefois le Saint-Père, il faut dire que nous, chrétiens, l’avons pratiquée.» A ses yeux, un groupe fondamentaliste, «même s’il ne tue personne, même s’il ne frappe personne, est violent, car la structure mentale du fondamentalisme est la violence au nom de Dieu». Et le pape de redire son inquiétude pour les chrétiens persécutés: " Cela me touche de près en tant que pasteur. Je suis au courant de nombreuses persécutions, mais il ne me semble pas prudent de les raconter ici, pour n’offenser personne. Je suis convaincu que la persécution des chrétiens aujourd’hui est plus forte qu’aux premiers siècles de l’Eglise, il y a plus de chrétiens martyrs qu’à cette époque», a ajouté François.
Evoquant les coulisses de la rencontre pour la paix convoquée au Vatican avec Mahmoud Abbas et Shimon Peres, le pape révèle «le scepticisme initial de 99 % de la curie». Malgré cela, l’évidence de cette rencontre s’est petit à petit imposée au Saint-Père: «Je sentais que nous étions poussés à un acte que nous n’avions pas imaginé et qui a pris vie progressivement. Non pas un acte politique, mais un acte religieux: ouvrir une fenêtre sur le monde.»
A propos de la politique enfin, le Saint-Père a affirmé qu’elle est «une des formes les plus élevées de la charité», avant de dénoncer les personnes qui instrumentalisent la politique et substituent leur propre bien au bien commun. (Apic/imedia/mb/pp)
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