Des attaques de plus en plus violentes de la part des nationalistes
Colombo, 17 juin 2014 (Apic) L’attaque d’un quartier musulman d’Aluthgama, au sud-ouest du Sri-Lanka, par des extrémistes bouddhistes, le 15 juin 2014, a fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés. Si le bilan de cette action est le plus lourd de ces dernières années, il s’inscrit dans une augmentation d’attaques de plus en plus violentes de la part de bouddhistes nationalistes à l’encontre des minorités religieuses de l’île.
L’incident à l’origine des violences serait une altercation entre trois jeunes musulmans et un moine bouddhiste, rapporte le 17 juin Eglises d’Asie (EdA) l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Le 15 juin, une marche de protestation a été organisée par Bodu Bala Sena (BBS, Force bouddhiste), une organisation de moines connue pour la virulence de son nationalisme.
Selon les témoignages rapportés par différents sites internet, la manifestation a très rapidement pris une tournure violente, les magasins et les habitations des musulmans du quartier étant attaqués et incendiés. La foule des manifestants bouddhistes s’est ensuite attaquée à une mosquée.
Selon certains témoins, la police n’est intervenue qu’au moment où les premiers morts ont été à déplorer, alors que plusieurs mosquées et bâtiments avaient déjà été détruits.
Malgré les réactions indignées des responsables politiques, de nombreux observateurs estiment qu’un groupe comme le BBS n’a pas pu agir sans le soutien du président et de son frère, le ministre de la Défense Gotabaya Rajapaksa. Le chef du BBS, le médiatique bonze extrémiste Galabodada Aththe Gnanasara, est réputé être proche du ministre de la Défense. Il est régulièrement acquitté par les tribunaux, nourrissant ainsi le soupçon d’être protégé en haut lieu. Le 15 juin, Galabodada Aththe Gnanasara se trouvait parmi la centaine de moines bouddhistes qui accompagnaient les quelque 3’000 manifestants qui ont assailli la communauté musulmane. Il a harangué la foule en usant de sa rhétorique habituelle, à savoir que «la majorité bouddhiste et la race cinghalaise» étaient menacées par les musulmans et leur natalité prolifique.
Quant à la police religieuse spéciale tout juste mise en place par Colombo, elle n’a, comme le craignaient les minorités religieuses, joué aucun rôle pour prévenir ou combattre les violences du 15 juin. (apic/eda/rz)
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