Soupçons sur d’un groupe composé d’éléments kenyans et étrangers
Nairobi, 18 juin 2014 (Apic) Mgr Emanuel Barbara, évêque de Malindi et administrateur apostolique de Mombasa, pense que l’attaque commise le 15 juin à Mpeketoni, au Kenya, a été commise par un groupe composé d’éléments kenyans et étrangers. Il a déclaré à l’agence catholique Fides qu’il doutait fortement que les auteurs étaient des Shabaabs somaliens.
«Une grande peur règne encore même si l’on remarque la présence des militaires et des agents de police envoyés par le gouvernement afin de sécuriser la zone», a déclaré à Fides Mgr Barbara. Au cours de l’assaut du 15 juin, 50 personnes au moins ont perdu la vie. La nuit suivante, une autre attaque a été commise dan un autre village des environs.
Les assaillants ont tué de manière ciblée les personnes sur la base de leur appartenance ethnique et religieuse, a constaté l’évêque. «Selon les témoignages recueillis sur place, certains assaillants ont été reconnus comme des Bajunis, une population mixte d’Arabes et d’Africains qui vit sur la côte du Kenya. Parmi eux, se trouvait également un Kenyan originaire d’une autre région du pays et au moins un Arabe. Nous pensons donc qu’il s’agit d’un groupe armé constitué spécifiquement pour cette attaque et composé d’éléments kenyans et étrangers», a affirmé l’évêque de Malindi.
«Nous doutons fortement qu’il s’agissent d’éléments des Shabaabs somaliens», a-t-il insisté. «Leur modus operandi est plus similaire à celui d’autres groupes armés qui ont agi dans un passé récent au Kenya. Par exemple, les femmes et les enfants ont été épargnés et seuls les hommes ont été tués ceci parce que, dans la culture locale, si le père meurt, la famille est affaiblie et elle est souvent contrainte à la fuite. Ceci rappelle ce qui s’est passé dans le cadre des guérillas tribales kenyanes.»
A Mpeketoni, une cinquantaine de personnes manquent encore à l’appel depuis la nuit de l’attaque. «On pense dans tous les cas qu’elles sont encore réfugiées dans la brousse alors que 10 personnes du village attaqué la nuit suivant sont encore portées disparues», souligne l’évêque. (apic/fides/bb)
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