Les pauvres espèrent ainsi améliorer leurs conditions de vie
Port-Louis, 24 juin 2014 (Apic) L’Eglise catholique de l’Ile Maurice, dans l’Océan indien, s’inquiète de l’ampleur que prennent les jeux de hasard dans la société. «Ceux qui ont le moins de pouvoir d’achat sont ceux qui jouent le plus, en espérant améliorer ainsi leurs conditions de vie», souligne la Commission «Justice et Paix» (CJP) du diocèse de Port-Louis.
Dans une déclaration publiée sur le site du diocèse de Port-Louis, la capitale de Maurice (www.dioceseport-louis.org), la Commission rappelle qu’en 2013, les Mauriciens ont dépensé 11,52 milliards de roupies (soit l’équivalent de 328 millions CHF) pour jouer au loto et aux cartes à gratter.
La Commission «Justice et Paix» attire l’attention sur «la dimension absolument phénoménale et inquiétante que prennent le Loto, les cartes à gratter et les jeux de hasard à Maurice, alors même que les Mauriciens se plaignent d’un pouvoir d’achat en baisse et d’un endettement accru des familles». Le 30 mai, le Premier ministre a même été alerté de ces inquiétants développements par la Commission, qui lui a réitéré la nécessité d’instituer une étude sur le phénomène du jeu à Maurice. Son but: interdire ou encadrer au moyen d’une législation très sévère la publicité sur les jeux de hasard dans le pays, comme cela a été le cas pour d’autres formes de paris.
Elle a rappelé avoir déjà écrit, en 2011, au chef du gouvernement sur ce phénomène inquiétant, mais cette lettre était restée «sans réponse». Citant des études menées dans plusieurs pays, la Commission a indiqué que la population, y compris les mineurs et les non joueurs, est exposée à une diversité de publicités qui influencent, consciemment et inconsciemment, les attitudes et les comportements. «Justice et Paix» estime que les générations actuelles grandissent dans le contexte d’une offre de jeu légalisée et sophistiquée. Une simple interdiction dans un contexte de publicité massive est insuffisante pour protéger les mineurs.
Pour sa part, le Père Jean-Maurice Labour, vicaire général du diocèse de Port-Louis, a dénoncé la publicité autour des jeux de hasard. «Est-il moralement acceptable de faire des profits en manipulant l’opinion publique par un matraquage publicitaire?», s’est-il interrogé dans une interview accordée au journal local «5 Plus Dimanche» du 22 juin 2014. «La réalité brutale est que 96,3% des tickets joués sont perdants», a-t-il fait remarquer. (apic/ibc/be)
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