Synode : Rome n’entend pas changer la doctrine de l’Eglise sur les questions familiales mais adapter sa pastorale

Pas de ›divorce catholique’

Rome, 26 juin 2014 (Apic) L’Eglise catholique n’entend pas changer de doctrine concernant les divorcés-remariés, les unions homosexuelles ou encore la contraception, mais elle souhaite faire évoluer sa pastorale familiale. C’est ce qui se dégage du ›document de travail’ présenté à la presse le 26 juin 2014 au Vatican en vue du Synode des évêques sur la famille, en octobre prochain. A quelques mois de la première des deux assemblées consacrées à la famille, le secrétaire spécial du prochain synode, Mgr Bruno Forte, a particulièrement souligné que l’Eglise n’entendait pas mettre en place une forme de «divorce catholique».

En présentant l’Instrumentum laboris du synode qui se tiendra au Vatican du 5 au 19 octobre prochain, l’archevêque de Chieti-Vasto a tenu à saluer dans ce document la rigueur et l’honnêteté de l’Eglise qui entend «ne pas fermer les yeux face à certains problèmes, même s’ils peuvent sembler inquiétants ou incommodes». Puis Mgr Bruno Forte a aussitôt relevé le caractère éminemment pastoral que le pape François entend donner à ce synode qui rassemblera les présidents des 114 conférences épiscopales de la planète, les chefs de dicastères ainsi que des auditeurs, des experts et des délégués œcuméniques, pour un total de près de 190 personnes.

«La doctrine de l’Eglise n’est pas en débat, car elle a été répétée à de nombreuses reprises ces dernières années dans différentes interventions magistérielles», a tenu à souligner Mgr Bruno Forte, précisant que la réflexion de l’assemblée synodale concernerait les applications pastorales de cette doctrine. Et l’archevêque d’ajouter : «à l’égard de ceux qui vivent des situations de grande souffrance, la véritable urgence pastorale est de permettre à ces personnes de panser leurs blessures, de guérir et de recommencer à cheminer avec toute la communauté ecclésiale».

«Tout cela n’a rien à voir avec le slogan banalisant de ›divorce catholique’ dont certains ont parlé en référence aux propositions que pourra faire le synode», a confié le prélat italien avant de poursuivre : «la médecine de la miséricorde n’a jamais pour but de favoriser les naufrages mais toujours et seulement de sauver la barque sur la mer en pleine tempête et de donner aux naufragés l’accueil, l’attention et le soutien nécessaires». Et Mgr Forte de prévenir notamment les journalistes : «Si l’on ne comprend pas cela, on se trompera irrémédiablement à propos de ce que le synode pourra dire sur la situation des personnes séparées, des divorcés, des divorcés-remariés, de ceux qui vivent en concubinage ou sur les unions entre personnes de même sexe».

Une expérience vécue

Pour sa part, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a tenu à préciser que l’Eglise ne proposait pas un message théorique mais bien un message tiré d’une expérience vécue. Le haut prélat français, qui figure parmi les présidents délégués du prochain synode, a assuré que «la doctrine ecclésiale sur la famille (n’était) pas une fabrication de clercs célibataires enfermés dans un synode ou dans leur curie, mais d’abord quelque chose qui est vécu et que tout le monde peut voir en regardant autour de lui».

Parmi les défis majeurs du synode qui se déroulera en deux phases, la seconde devant avoir lieu du 4 au 25 octobre 2015, le cardinal Vingt-Trois a mis en avant la nécessité de travailler sur une préparation sérieuse au mariage.

L’archevêque de Paris a également mis en garde sur le risque de faire un amalgame entre la situation des divorcés-remariés et celle de nombreux divorcés qui «veulent rester fidèles à leur alliance». Il a confié que la question des divorcés remariés était une préoccupation très forte dans la pastorale en Occident. Dès lors, a poursuivi le cardinal Vingt-Trois, «il ne faudrait pas qu’une question légitime et préoccupante pour les Eglises occidentales vienne occuper tous le champ d’attention d’un synode qui n’est pas un synode des Eglises occidentales fatiguées». Parce que le synode est celui de l’Eglise universelle, a-t-il conclu, «il faut accepter que le monde entier ne soit pas suspendu à nos problématiques et à nos questionnements».

La présentation des résultats du questionnaire envoyé en novembre 2013 à travers le monde a été l’occasion pour le secrétaire général du Synode des évêques, le cardinal Lorenzo Baldisseri, d’expliquer que son institution avait reçu près de 90 % de réponses parmi les ayants-droits, c’est à dire les 114 conférences épiscopales, les Eglises orientales, les dicastères de la curie et les unions de supérieurs généraux. En plus, a-t-il confié, Rome a reçu quelque 800 réponses individuelles ou collectives en provenance de diocèses, de paroisses, de mouvements ou même de simples fidèles. (apic/imedia/ami/mp)

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