Chine : Les musulmans privés de Ramadan par les autorités
Xinjiang, 4 juillet 2014 (Apic) Les autorités du Xinjiang, vaste région située dans l’extrême nord-ouest de la Chine, ont mis en place des mesures répressives interdisant la pratique du Ramadan à la quasi totalité de la population locale musulmane d’ethnie ouïghoure. Au même titre que le gouvernement tibétain, la Chine considère que les Ouïghours constituent un mouvement «séparatiste», a indiqué le 3 juillet 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Depuis des années, les Ouïghours, une ethnie turcophone dont la population dépasse les 9 millions de personnes au Xinjiang, dénoncent la répression culturelle et religieuse de Pékin, ainsi que la discrimination qui leur est infligée par les Chinois, venus «coloniser la région».
La politique répressive de Pékin envers les Ouïghours s’est considérablement durcie depuis les attentats du printemps dernier qui ont fait plusieurs dizaines de morts, à Kunming, Urumqi, ainsi qu’à la gare de Canton. Ces attaques meurtrières, revendiquées des groupes extrémistes ouïghours, ont été fermement condamnées par les leaders des communautés musulmanes du Xinjiang, ce qui n’a pas empêché la répression chinoise de s’exercer sur l’ensemble de la population de la région.
Selon les directives publiées par les sites officiels du gouvernement, la pratique du Ramadan, comprenant le jeûne comme la prière à la mosquée, est interdite à tous les fonctionnaires, aux élèves scolarisés et aux étudiants, mais aussi à tous les enseignants ouïghours.
Cette interdiction ne concerne que la région autonome du Xinjiang ; partout ailleurs en Chine continentale, les musulmans ont pu entamer dimanche dernier le jeûne du mois du Ramadan sans être inquiétés.
La région ouïghoure, qualifiée par Pékin de «réservoir à terroristes séparatistes», a bénéficié d’une campagne spéciale, assistée par la presse d’Etat qui a multiplié ces derniers temps les articles sur les effets néfastes pour la santé du jeûne et les appels à «dénoncer les pratiques archaïques».
Avec ces dernières mesures édictées par Pékin pour le Ramadan, l’évolution de la situation dans la région autonome ouïghoure est scrutée avec attention par la communauté internationale. La semaine dernière, un rapport du département d’Etat américain a fait part de « sa profonde inquiétude » concernant le sort « des bouddhistes tibétains, des musulmans ouïghours et des chrétiens » en Chine continentale. (apic/eda/msb/pp)
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