Suisse : ›Oeku Eglise et environnement’ dit non à ›Ecopop’

Limiter nos exigences plutôt que restreindre l’immigration

Berne, 7 juillet 2014 (Apic) L’association ›oeku Eglise et environnement’ rejette clairement l’initiative populaire ›Ecopop’ soumise au peuple le 30 novembre prochain. Un tel texte est en contradiction avec les principes éthiques essentiels et son acceptation marginaliserait gravement la Suisse, souligne un communiqué du 7 juillet 2014.

Le groupement ›Ecologie et Population Ecopop’ à l’origine de l’initiative «Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles» se mobilise pour préserver les ressources naturelles et défend en particulier une politique environnementale, climatique et énergétique responsable et un aménagement du territoire adapté à l’avenir, reconnaît ›oeku Eglise et environnement’. Mais les moyens proposés sont totalement erronés.

On ne protège pas les ressources naturelles en limitant l’immigration

La Suisse a déjà dépassé depuis longtemps les limites de la durabilité – non pas en en raison de sa croissance démographique mais surtout en raison de l’augmentation massive des exigences et des habitudes de consommation. S’il s’agissait d’atteindre la durabilité uniquement par le biais du nombre d’habitants, la population devrait être réduite de manière radicale à moins de trois millions de personnes, relève ›oeku’. Il n’est donc pas possible de protéger les ressources naturelles en limitant l’immigration.

Le seul moyen est de changer les comportements en matière de consommation. A l’échelle de la planète, comme en Suisse, la surexploitation des ressources naturelles est due en premier lieu aux pays riches dont le niveau de consommation est élevé. La population que la terre peut supporter dépend beaucoup moins du nombre de personnes que des habitudes de consommation.

Dans une optique chrétienne, l’être humain a été créé à l’image de Dieu. Il ne doit pas être considéré uniquement sous l’angle des nuisances écologiques. En tant qu’image de Dieu, l’être humain a toutefois l’obligation d’assumer la préservation de la création. Mais considérer les «autres» uniquement comme une nuisance écologique et leur recommander en priorité l’usage de contraceptifs revient au fond à leur refuser la légitimité d’exister. Agir de manière responsable ne signifie pas aujourd’hui restreindre l’immigration mais limiter nos exigences à une mesure supportable pour la création.

›oeku Eglise et environnement’ recommande de rejeter l’initiative d’Ecopop. Mais l’association invite aussi à repenser la politique actuelle de la croissance et à réviser notre comportement en matière de consommation. (apic/com/mp)

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