Suisse: L'Eglise valaisanne réagit à la nomination de Jean-Marie Lovey

Un montagnard plein de bon sens et un homme de prière

Sion, 8 juillet 2014 (Apic) «Je me réjouis beaucoup pour le diocèse même si pour nous son départ constitue ‘un trou’. Jean-Marie Lovey est un homme d’écoute, de paix et de bonté. Nous l’offrons avec joie au diocèse». A l’instar de Mgr Benoît Vouilloz, prédécesseur de Jean-Marie Lovey à la tête des chanoines du Grand-Saint-Bernard, l’Eglise valaisanne réagit positivement à la nomination du nouvel évêque.

François-Xavier Amherdt, prêtre du diocèse de Sion et professeur de théologie pastorale à l’université de Fribourg, se dit heureux, mais pas surpris de cette nomination: «Jean-Marie Lovey est un homme de foi, de prière, un homme de la montagne. Il saura donner un bel élan au diocèse. J’ai eu l’occasion d’œuvrer avec lui dans de nombreux domaines. C’est un homme de parole, vrai et profond, en qui je place toute ma confiance. Je suis prêt à l’assurer de ma pleine collaboration.» L’abbé Amherdt espère que Jean-Marie Lovey contribuera à sortir le diocèse de Sion du repli dans lequel il se trouve quelque peu aujourd’hui: «Je souhaite que cette nomination favorise l’unité dans diocèse, mais également qu’elle suscite davantage de synergies avec les autres diocèses romands et l’Eglise de Suisse dans son ensemble.»

Pour Michel Salamolard, prêtre valaisan bien connu, aujourd’hui à la retraite, il est indéniable que le nouvel évêque saura faire l’unité dans le diocèse: «Jean-Marie Lovey est un homme de proximité et de dialogue. Il bénéficie d’une excellente réputation auprès des prêtres comme des laïcs.» Alors que quelques voix critiques se font entendre pour dénoncer l’un ou l’autre choix malheureux dans sa mission de prévôt du Grand-Saint-Bernard, Michel Salamolard soutient pour sa part que le successeur de Mgr Brunner saura prendre les bonnes décisions pour le diocèse: «Il n’est pas encombré de lui-même, il saura donc exercer une véritable autorité qui, bien comprise, n’est autre que la capacité de stimuler l’éclosion des charismes d’autrui. D’ailleurs, en tant que prieur de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard, puis en tant que prévôt de sa congrégation, il a amplement prouvé sa capacité d’allier douceur et fermeté, écoute et guidance».

Youppiii

Du côté des laïcs engagés dans le diocèse, l’heure est à la joie. «Youppiii» pouvait-on lire à 11 heures tapantes sur le mur Facebook de Casimir Gabioud, agent pastoral à Orsières. «Je côtoie les chanoines du Grand-Saint-Bernard tous les jours. Ce sont des hommes de communion et c’est précisément ce dont on a besoin dans le diocèse.»

«Responsables de la pastorale de la famille pour la partie francophone du diocèse depuis 1992, Anne et Marco Mayoraz sont quant à eux «très heureux de cette nomination». Alors que beaucoup insistent sur l’attente d’une rupture, ils se disent heureux du soutien de Mgr Brunner envers leur ministère bien particulier: «Nous avons été nommés à ce poste il y a plus de vingt ans par le cardinal Schwéry. Mgr Brunner et son équipe nous ont non seulement soutenus, ils nous ont également permis de déployer notre services auprès des couples et des familles du diocèse.»

Un «don de Dieu»

Alors que le nouvel évêque avoue quelques lacunes dans son Wallisertiitsch, Edi Arnold, curé de Gampel dans le Haut-Valais, estime que ce n’est pas là un obstacle insurmontable: «Si l’évêque souhaite aller à la rencontre des Haut-Valaisans, il fera l’unité dans le diocèse. L’essentiel réside la rencontre, la parfaite maîtrise de la langue vient ensuite».

Ordonné il y a une année, Pierre-Yves Pralong, vicaire à Sion, aborde cette nomination sous un angle plus spirituel: «Je crois que l’Esprit Saint est à l’œuvre dans notre diocèse. Au-delà de la personne il s’agit de saisir qu’il est ‘celui que Dieu nous donne’. Je rends grâce pour ce don. Je pense qu’il faut maintenant accueillir notre nouvel évêque de manière active: non seulement collaborer avec lui, mais aussi l’aimer et se laisser aimer par lui». Point de vue assez similaire de la part de son homonyme, l’abbé Joël Pralong, curé du secteur de Conthey: «Quel que soit l’évêque, je l’aurais accueilli comme un don de Dieu». Alors qu’une initiative populaire a été lancée pour séparer l’Eglise de l’Etat en Valais, il ne craint aucunement que celle-ci perde de son influence, au contraire: «Je souhaite que l’Eglise retrouve une place humble au milieu du peuple valaisan, qu’elle retrouve, dans le sillage du pape François, un nouvelle audace évangélisatrice; qu’elle soit capable d’écouter Dieu qui parle au cœur de tout homme, quelle que soit sa situation».

Un guide sûr

Emmanuelle Cornet, mère de famille et paroissienne de Martigny-Bourg, enfin, se réjouit de la nomination de celui qui lui a fait découvrir la montagne: «Je l’ai connu au Grand-Saint-Bernard. Il savait nous guider dans les excursions que nous faisions sur les sommets qui entourent l’hospice. De la même manière, il a su guider la communauté du Saint-Bernard et, j’en suis convaincue, il saura guider le diocèse de Sion.»

Au soir de la nomination, le Valais tout entier semble donc satisfait de ce «don» attendu depuis plus d’une année. Reste à découvrir le nouvel évêque dans le concret de sa charge épiscopale. Les enjeux sont de taille et les attentes nombreuses. «Ma première réaction reste de prier intensément pour mon ami Jean-Marie, conclut François-Xavier Amherdt. La tâche est lourde et difficile.» (apic/pp)

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