Rome: Le nouveau président de la banque du Vatican présente la réforme à venir

Assurer un contrôle approfondi des clients et des avoirs

Rome, 9 juillet 2014 (Apic) Le nouveau président de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), le Français Jean-Baptiste de Franssu, a présenté le 9 juillet 2014 les objectifs prioritaires de la réforme de cette institution, dans le but d’aider «les pauvres» et de «propager la foi». Au cours d’une conférence de presse présentant le nouveau cadre économique du Saint-Siège, ce financier de 51 ans a assuré que les changements en profondeur de la ›banque du Vatican’ permettraient d’offrir un service de «qualité», en assurant un contrôle approfondi des clients et des avoirs.

Comme annoncé par la presse, Jean-Baptiste de Franssu succède ainsi à l’Allemand Ernst Von Freyberg, qui quitte son poste 17 mois seulement après sa nomination. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau président de l’IOR résidera à Rome de façon permanente. Ernst Von Freyberg assurera une période de transition afin de garantir un passage de témoin adéquat.

Les deux hommes sont intervenus devant la presse aux côtés du Maltais Joseph Zahra, vice-coordinateur du Conseil pour l’économie, et du cardinal George Pell, préfet du Secrétariat pour l’économie. «Je réalise que j’ai accepté une grande responsabilité: assister le pape dans son aide aux pauvres et dans la propagation de la foi»«, a ainsi relevé Jean-Baptiste de Franssu au cours de cette présentation très attendue. «Je vois ce rôle comme une mission, a-t-il poursuivi, et je ferai tout ce que je peux pour poursuivre ce que mon prédécesseur a fait depuis sa nomination».

Priorités stratégiques

Au cours des 3 prochaines années, pour la phase 2 de la réforme, les statuts de l’IOR seront révisés et les activités seront redéfinies, selon trois priorités stratégiques. Il s’agira de renforcer les activités, déplacer graduellement la gestion du patrimoine à une nouvelle gestion des avoirs du Vatican afin d’éviter les doublons entre institutions du Saint-Siège, et concentrer les activités de l’IOR sur le conseil financier et sur les services de paiement pour le clergé, les congrégations, les diocèses et les employés laïcs du Vatican.

Pour Jean-Baptiste de Franssu, l’IOR doit être en mesure de proposer un service de grande «qualité», respectant les exigences des «plus haut standards» en la matière, et d’assurer un contrôle attentif de l’ensemble des clients et des actifs.

Afin de poursuivre cette réforme, un nouveau bureau de direction sera nommé, composé de cardinaux et de laïcs. Les 5 membres de la Commission cardinalice de l’IOR seront toujours impliqués, auquel s’ajoutera le cardinal Josip Bozanic (Croatie), qui rejoindra ainsi les cardinaux Santos Abril y Castellò (Espagne), Christoph Schönborn (Autriche), Thomas Christopher Collins (Canada), et le secrétaire d’Etat Pietro Parolin (Italie). Outre Jean-Baptiste de Franssu, 5 membres laïcs feront également partie de ce bureau, à savoir l’Allemand Clemens Boersig, l’Américaine Mary Ann Glendon et le Britannique Michael Hintze. Deux autres membres doivent encore être nommés.

Banque centrale

Par ailleurs, le cardinal Pell a rappelé le transfert de la section ordinaire de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA) au Secrétariat pour l’économie. Le reste du personnel de l’APSA se concentrera exclusivement sur «son rôle de Trésor du Saint-Siège et de la Cité-Etat du Vatican». L’une de ses missions-clé sera alors d’établir des rapprochements avec les «principales banques centrales». L’APSA exercera ainsi un rôle équivalent à celui d’une ›banque centrale du Vatican’ tandis que l’IOR aura davantage une mission de banque commerciale.

Enfin, le préfet du Secrétariat pour l’économie a également annoncé la création d’un comité technique chargé d’étudier la situation des fonds de retraite des employés du Vatican et de s’assurer que les «réserves pour les futures générations» seront suffisantes. Le cardinal Pell a souligné qu’il s’agissait un processus semblable à ceux initiés dans d’autres pays occidentaux où la réforme du système des retraites peut être nécessaire. Le comité sera composé de 4 experts: l’Australien Bernhard Kotanko, les Italiens Andrea Lesca et Nino Savelli et le Français Antoine de Salins, directeur général adjoint et directeur des placements au sein de la banque et mutuel le d’assurance Groupama. (apic/imedia/mm/hp/bb)

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