Corée du Sud : Le cardinal de Séoul attend de la visite du pape un «miracle» pour les relations intercoréennes

Renouer le dialogue entre les deux Corées

Séoul, 10 juillet 2014 (Apic) Selon Mgr Andrew Yeom Soo-jung, cardinal-archevêque de Séoul, l’une des principales attentes des catholiques sud-coréens quant à la visite du pape François à la mi-août en Corée du Sud concerne les relations intercoréennes. Selon lui, non seulement les catholiques mais l’ensemble de la population sud-coréenne attendent de cette visite un «miracle» en ce domaine.

Dans un entretien accordé au service d’information de l’épiscopat philippin, et rapporté par «Eglises d’Asie» le cardinal Yeom a exprimé sa profonde frustration face au fait que ni les responsables de la Corée du Nord ni ceux de la Corée du Sud «ne montrent aujourd’hui aucune volonté à entrer en dialogue».

Le cardinal compte sur le pape pour qu’une invitation soit lancée aux deux dirigeants ennemis, le Nord-Coréen Kim Jong-un et la Sud-Coréenne Park Geun-hye, à poser un geste de paix, voire à se rencontrer. Selon le cardinal, «le pape est une personne qui veut la paix et ne veut pas que la Corée du Nord se perde. Il souhaite que la Corée du Nord et la Corée du Sud vivent en harmonie et témoignent d’un même amour fraternel ». Renouer le dialogue serait «le plus grand des miracles» pour les deux Corées, relève-t-il.

Présent sur le sol sud-coréen du 14 au 18 août prochains à l’occasion des VIe Journées asiatiques de la jeunesse, le pape François clôturera sa visite le 18 août par une messe «pour la paix et la réconciliation» en la cathédrale Myeongdong de Séoul. L’Eglise catholique de Corée du Sud prépare activement la venue d’une délégation catholique nord-coréenne à cette messe.

Plusieurs démarches religieuses

Les 18 et 19 mai derniers, des représentants de l’Eglise de Corée du Sud ont rencontré des délégués catholiques nord-coréens. La rencontre a eu lieu à Shenyang, en Chine populaire, mais les informations manquent quant à la nature exacte de la délégation nord-coréenne. En Corée du Nord, si la Constitution garantit la liberté de religion, aucune liberté religieuse n’existe et les instances religieuses qui existent sont totalement officielles. Selon la partie sud-coréenne, les délégués nord-coréens ont répondu à l’invitation qui leur a été faite en disant qu’ils l’étudieraient avec attention. Il semble possible que quelques laïcs catholiques nord-coréens fassent le voyage de Séoul en août prochain.

Outre les initiatives catholiques, on constate que, ces derniers mois, plusieurs démarches dans le domaine religieux ont abouti à des résultats modestes mais tangibles. Du 17 au 19 juin derniers, un rassemblement à Genève du Conseil œcuménique des Eglises a vu la participation, côte à côte, de délégués venus de la Fédération chrétienne de Corée, instance nord-coréenne, et du Conseil national des Eglises (protestantes) de Corée, instance sud-coréenne.

Enfin, le 29 juin dernier, à Singyesa, temple bouddhique du mont Kumgang, haut-lieu de l’âme coréenne situé en territoire nord-coréen, des membres de l’Ordre Jogye, la plus importante secte bouddhique sud-coréenne, ont pu se rendre en pèlerinage. (apic/eda/mp)

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