Publication de directives pastorales pour les soignants catholiques
Manille, 11 juillet 2014 (Apic) La Conférence des évêques des Philippines a publié le 7 juillet 2014 ses «directives pastorales au sujet de l’application de la loi sur la santé reproductive». Le document épiscopal insiste notamment sur le droit des catholiques à l’objection de conscience face au «Reproductive Health Bill » adopté en avril dernier après quinze ans de vives controverses et un jugement de la Cour suprême.
L’Eglise catholique souligne sa volonté d’être «un éveilleur de conscience» dans le pays, mettant en avant le fait que son positionnement vis-à-vis du pouvoir politique est celui d’une «collaboration critique» au service du bien commun, rapporte l’agence d’information des Missions étrangères de Paris «Eglises d’Asie».
Le ›Reproductive Health Bill’ est cette loi sur ›la santé reproductive’ qui a fait couler beaucoup d’encre aux Philippines. Ses opposants, en tête desquels se trouvait l’Eglise catholique, ont croisé le fer durant plus de quinze ans avec ses promoteurs, notamment les présidents qui se sont succédé à la tête du pays. La loi vise en particulier la mise en place d’un financement public obligatoire des moyens de contraception et l’introduction de l’éducation sexuelle à l’école. La bataille s’est achevée par une validation sous conditions de la loi par la Cour suprême le 8 avril dernier. Adversaires et promoteurs ont tous les deux salué cette issue comme une victoire de leur camp respectif.
C’est pour présenter plus simplement les 104 pages de la décision de justice et pour clarifier les droits et devoirs des catholiques vis-à-vis de cette loi que les évêques ont publié leurs «directives pastorales». A travers quinze points précis, le document souligne en particulier le droit à l’objection de conscience des travailleurs du secteur de la santé et des fonctionnaires catholiques dans le cadre de leur emploi. «Les catholiques doivent avoir à l’esprit qu’ils ne peuvent pas être contraints de promouvoir, distribuer ou administrer des contraceptifs artificiels contre leur conscience morale ou religieuse.»
Concernant les personnels soignants actifs dans les établissements publics ou privés, les évêques vont encore plus loin en indiquant qu’un catholique confronté à une demande de contraceptifs artificiels «peut refuser d’informer son patient du lieu ou de la personne auprès desquels il pourra obtenir ces produits contraceptifs». Ce point amènera certainement de nouvelles controverses, les promoteurs de la RH Bill affirmant que les juges suprêmes n’ont pas étendu l’objection de conscience jusque-là et que les soignants, quelles que soient leurs convictions, ont un devoir d’information vis-à-vis de leurs patients.
Le président nouvellement élu de l’épiscopat philippin, Mgr Socrates Villegas, a précisé le 7 juillet le positionnement de l’Eglise catholique dans cette affaire et plus largement dans la société philippine. «Quand le pouvoir en place sert le bien commun, vous pouvez compter sur les évêques pour être en pleine collaboration, [mais] si ce bien commun est menacé ou si les normes morales sont violées, si la dignité humaine est compromise, si la famille est attaquée et si la vie humaine ne coûte pas cher, alors nécessairement et de manière très compréhensible, vous pouvez vous attendre à ce que les évêques se montrent plus critiques.» (apic/eda/mp)
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