Une rupture de stock toujours plus inquiétante
Gaza, 17 juillet 2014 (Apic) Tandis que les bombardements israéliens contre plusieurs centaines de cibles se poursuivent dans la bande de Gaza, les hôpitaux doivent faire face au manque de fournitures médicales. S’il faut relever que ces pénuries sont antérieures aux événements actuels, elles sont aujourd’hui exacerbées par une intensification des besoins, mais également par les politiques frontalières du gouvernement égyptien, qui continue de limiter l’accès à Gaza.
Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré l’état d’urgence, face au risque d’une grave pénurie de médicaments de base. Ashraf Qedra, porte-parole du ministère, a annoncé que les besoins atteindraient bientôt un stade critique: «Nous sommes déjà confrontés à une grave pénurie de médicaments et de fournitures jetables, entre 35 et 40 %, ce qui se répercute sur le traitement des blessés lié à l’escalade actuelle», a-t-il déclaré à l’IRIN, le réseau d’information de l’ONU. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 30 % de la liste des médicaments fondamentaux et 50 % des fournitures médicales jetables étaient déjà en rupture de stock à Gaza avant la crise.
Au cours de la semaine passée, le ministère de la Santé de Gaza a fait état d’au moins 189 victimes palestiniennes, tuées dans les attaques visant plusieurs centaines de cibles qu’Israël a lancées en réponse à des attaques à la roquette et à l’assassinat de trois adolescents israéliens en Cisjordanie le mois dernier.
Christian Cardon, responsable de la sous-délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Gaza, a qualifié la situation d’»exceptionnelle»: «Par rapport au bilan du dernier conflit (2012), nous atteignons déjà une intensité aiguë, avec des femmes et des enfants parmi les victimes. Nous manquons de médicaments et d’articles jetables, et bientôt ce sera au tour du matériel médical», a-t-il déclaré.
La pénurie est aggravée par les restrictions strictes appliquées à l’introduction de biens dans la bande de Gaza, en raison du blocus imposé par l’Égypte et Israël depuis de nombreuses années. Le contraste avec le dernier conflit est frappant. Lors des cinq jours d’affrontements ayant opposé Israël et le Hamas en novembre 2012, les Frères musulmans alors au pouvoir en Égypte avaient ouvert la frontière avec Gaza et facilité la livraison de fournitures médicales.
Depuis que les Frères musulmans ont été renversés par l’armée en 2013, le nouveau gouvernement dirigé par Abdel Fattah al-Sisi s’est rapproché d’Israël et a durci sa position envers le Hamas à Gaza, et la frontière est essentiellement restée fermée.
De la même façon, la frontière a été largement fermée pour les personnes cherchant à fuir.
Milina Shahin, responsable de l’information publique de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNWRA) à Gaza, a affirmé que, selon les informations dont il dispose, seul «un nombre très restreint» de personnes avaient pu traverser la frontière. (apic/irin /pp)
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