Belgique: L’évêque de Liège veut faire de la «basilique» de Cointe une «Basilique de la Paix»
Liège, 5 août 2014 (Apic) Dominant la ville de Liège aux côtés du Mémorial interallié construit après la Première Guerre mondiale, l’église du Sacré-Cœur, sur la colline de Cointe, pourrait devenir une «Basilique de la Paix». C’est du moins le vœu de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, qui voudrait en faire un lieu ouvert à toutes les religions et convictions. Cette église est désacralisée et fermée au public depuis 2006 en raison de son délabrement partiel.
La colline héberge le Mémorial interallié édifié en l’honneur de la contribution de la ville de Liège à la résistance sur le front Ouest, qui a tenu face à l’invasion allemande du 4 au 16 août 1914. La construction du Mémorial interallié, théâtre des grandes cérémonies du lundi 4 août 2014, reste l’un des plus importants hommages rendus par les alliés au rôle qu’a joué la Belgique dans la Grande Guerre.
C’est au Mémorial interallié de Cointe qu’a eu lieu le 4 août le lancement de la première cérémonie nationale en Belgique à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. Un imposant rassemblement de personnalités, auquel ont participé le président français François Hollande, le prince William et la princesse Kate, représentant le Royaume Uni, Philippe, roi des Belges, et la reine Mathilde, ainsi que le roi Felipe VI d’Espagne et Joachim Gauck, le président allemand, et des représentants de dizaines de pays.
L’invasion de la Belgique allait déclencher les hostilités de ce qui va devenir la Première Guerre mondiale. La forte résistance de Liège a retardé dans ce secteur l’avancée des forces allemandes, qui se vengeront par des exactions sur les civils qui feront près de 6’500 morts.
Mgr Jean-Pierre Delville, présentant son projet de réhabilitation de la ‘basilique’ du Sacré-Cœur, souligne que l’inscription de l’autel, en marbre de Carrare, est «Cor Iesu, pax et reconciliatio nostra, miserere nobis», et celle du vitrail central est «Sacré Cœur, prince de la paix». «L’inspiration qui a présidé à l’achèvement de l’édifice n’est donc pas la victoire des alliés, mais la paix et la réconciliation. Une fois restauré, le monument pourrait être un foyer d’animation sur la paix, à partir d’expositions permanentes et de documents interactifs accessibles aux jeunes, et un lieu de conférence, de prière et d’accueil de réunions sur la paix».
L’évêque de Liège veut faire de ce lieu un centre interactif sur la guerre 14-18 et sur les guerres et conflits actuels. Ce lieu serait orienté sur trois axes: information, formation et ouverture à la dimension «interconvictionnelle» et interreligieuse au service de la paix, rapporte InfoCatho.be, le site d’information en continu des médias catholiques de Belgique.
Les chapelles latérales seraient dédiées à des expositions permanentes sur la guerre 14-18, qui s’adresseraient en premier lieu à un jeune public dans un but pédagogique. L’espace central serait, quant à lui, un lieu polyvalent, pouvant accueillir aussi bien des conférences ou des rencontres que des célébrations interreligieuses ou des concerts.
Pour financer cette restauration, estimée à 3 ou 4 millions d’euros, l’évêque a déjà quelques pistes concrètes comme des fonds européens, le Fonds Roi Baudouin ou encore une éventuelle contribution des diocèses allemands, relève InfoCatho.be L’édifice devrait d’ailleurs accueillir un monument allemand en l’hommage des très nombreuses personnes tombées dans le «camp adverse». D’après Mgr Delville, le projet pourrait très bien voir le jour d’ici la commémoration du centenaire de l’armistice, le 11 novembre 2018. (apic/com/infocatho/be)
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