Les Eglises concernées par le sort de ces enfants
Berne, 7 août 2014 (Apic) En 2015, les Eglises catholique et protestante organiseront une quête en faveur des victimes de «mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extrafamiliaux». Du côté catholique, les diocèses alémaniques ont déjà arrêté la date du dimanche 16 août 2015, alors que les diocèses romands et tessinois n’ont pas encore planifié le jour de cette collecte. La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) propose la date symbolique de Pâques pour solliciter la générosité de ses fidèles.
Le montant de ces quêtes est destiné à alimenter un «fonds d’aide immédiate» officiellement institué par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga en avril 2014. Il sera destiné aux personnes ayant subi une atteinte à l’intégrité du fait d’une mesure de coercition ordonnée ou exécutée avant 1981. Ces personnes pourront ainsi bénéficier d’une aide immédiate si elles se trouvent aujourd’hui dans une situation de détresse financière.
Le niveau des prestations versées dépendra du montant total disponible – estimé entre sept et huit millions de francs – et du nombre de demandes. Les versements uniques effectués seront vraisemblablement de l’ordre de 4’000 à 12’000 francs. Le fonds d’aide immédiate sera alimenté sur une base volontaire par les cantons, les villes et les communes, par des institutions et organisations – dont les Eglises catholique et protestante –, mais également par des particuliers. Le montant de cette quête devrait se situer, du côté catholique, dans une fourchette oscillant entre 200’000 et 300’000 francs, a indiqué à l’Apic Walter Müller, chargé de communication de la Conférence des évêques suisses (CES).
Jusque dans les années 1970, des enfants et des jeunes ont été placés d’office, sans leur consentement, dans des foyers, souvent tenus par des congrégations religieuses, ou dans des exploitations agricoles, parce qu’ils étaient pauvres, nés hors mariage, connaissaient des situations familiales difficiles, étaient turbulents ou récalcitrants. Ces enfants placés de force ont été exploités dans des fermes ou maltraités physiquement et psychiquement dans des foyers et des centres de redressement.
Dans les cas les plus graves, des personnes ont été internées dans des établissements psychiatriques ou des prisons, sans possibilité de s’opposer juridiquement à ces mesures. Des cas de stérilisation forcée et d’avortements sont aussi avérés. Parfois, des enfants ont été retirés de force à leurs parents pour être donnés à l’adoption. Le traumatisme occasionné par ces placements est encore vivace chez nombre d’entre eux.
Les Eglises se sentent concernées par le sort de ces personnes. Marina Kaempf, chargée de communication au sein de la Fédération des Eglises protestantes (FEPS), affirme ainsi à l’Apic que «toute la société porte la responsabilité de ce qui s’est passé lors de ces placements, les Eglises aussi et certains pasteurs de l’époque en particuliers, en tant que personnes importantes dans la société d’alors». (apic/com/pp)
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