Les homosexuels pointés du doigt
Monrovia, 12 août 2014 (Apic) Plus de 100 leaders chrétiens, réunis début août à Monrovia, la capitale du Libéria, ont décrété que le virus Ebola était une punition divine. Ils ont appelé leurs fidèles à se repentir devant Dieu pour les actes «immoraux» de la nation, notamment la corruption et l’homosexualité.
Le pasteur pentecôtiste Wilmot Kotati Bobbroh a qualifié le virus, qui a déjà causé la mort de près de 1’000 personnes en Afrique de l’ouest, de «malédiction nationale lancée par Dieu pour forcer les hommes à se repentir», rapporte le journal américain en ligne «The Huffington Post». Le révérend a ajouté que les moyens de désinfection, tels que le chlore ou le savon, ne fonctionnaient pas, et que seule la miséricorde de Dieu pouvait sauver les gens. Les premières personnes infectées par Ebola se sont tournées vers les guérisseurs traditionnels, mais ces traitements n’ont pas fonctionné, relève le journal américain.
Selon Ebun James-Dekam, secrétaire général du Conseil des Eglises de Sierra Leone, ce genre d’opinions se répand également dans le pays. «L’on retrouve des similitudes avec se qui s’est passé au début de l’épidémie de sida», relève-t-il.
Pour autant, de nombreux hommes d’Eglises africains s’opposent à cette vision des choses. Pour Sumoward Harris, évêque émérite de l’Eglise luthérienne au Libéria, la conception selon laquelle ce genre de fléau est un châtiment divin dépend fortement de la façon dont on interprète la Bible. «Je ne pense pas que Dieu soit en colère et qu’il nous envoie une punition», a assuré le responsable protestant. (apic/huffp/rz)
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