La Congrégation renonce à faire appel et négocie un arrangement
Québec, 16 août 2014 (Apic) La communauté des Pères rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré, au Québec, renonce à porter en appel la décision du juge Claude Bouchard autorisant le recours collectif de plusieurs dizaines de victimes d’abus sexuels commis au séminaire Saint-Alphonse entre 1960 et 1987. Les Pères ont négocié une entente en vertu de laquelle ils devront verser 20 millions de dollars canadiens aux victimes, un montant record pour ce type de recours, mais également pour l’Eglise catholique canadienne.
La communauté avait jusqu’au 11 août pour indiquer si elle entendait faire appel de la décision, rapporte le service d’information Proximo. Une telle démarche aurait pu mener à un long et fastidieux processus de contre-interrogatoire des victimes. Les Rédemptoristes ont plutôt annoncé qu’ils acceptaient de dédommager les victimes afin de clore le dossier. Les 20 millions de dollars couvriront les indemnités aux victimes et les frais d’avocats. Le montant sera remis à un adjudicateur qui s’occupera par la suite de le redistribuer aux victimes, écartant complètement la Congrégation.
Lorsque le juge a rendu sa décision à la mi-juillet, 70 victimes étaient inscrites au recours collectif entamé en 2010. Depuis, ce nombre est passé à une centaine. Plusieurs dizaines de victimes pourraient encore s’inscrire. Du côté des Rédemptoristes, les fautifs sont au nombre de neuf, dont trois seulement sont encore en vie.
Le montant de ce règlement constitue non seulement un record pour un recours collectif en matière d’abus sexuel, mais il éclipse du même coup les autres montants considérables que diverses institutions de l’Église catholique canadienne ont dû payer à des victimes d’abus sexuels au cours des dernières années.
Le cas le plus connu au Québec concernait jusqu’ici la Congrégation de Sainte-Croix, à Montréal, qui avait paraphé en 2011 une entente de 18 millions de dollars avec plus de 200 victimes d’abus sexuels commis au Collège Notre-Dame. En 2013, après plus d’une décennie de négociations, les ‘Christian Brothers of Ireland’ au Canada ont conclu une entente de 16,5 millions avec les victimes des sévices commis au tristement célèbre orphelinat de Mount Cashel, à Terre-Neuve. En 2009, le diocèse d’Antigonish en Nouvelle-Écosse annonçait pour sa part qu’il verserait 15 millions aux victimes d’abus sexuels commis par des prêtres qui étaient sous sa responsabilité. Les diocèses néo-brunswickois de Bathurst (2010) et de Moncton (2012) ont également versé des sommes considérables à des victimes d’abus sexuels.
Si le cas des Rédemptoristes se démarque par les montants engagés, il le fait également par l’absence d’excuses adressées aux victimes. Contrairement à d’autres cas très médiatisés comme ceux du Collège Notre-Dame et du diocèse d’Antigonish, ni remord ni regret public n’ont été exprimés envers les victimes de la part de la communauté.
Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaire officiel de la part de la communauté. (apic/proximo/mp)
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