Ukraine : Guerre de la propagande entre les Eglises

Les gréco-catholiques rejettent les accusations du patriarche de Moscou

Kiev, 19 août 2014 (Apic) La guerre de la propagande sévit aussi entre les diverses Eglises en Ukraine. L’Eglise gréco-catholique rattachée à Rome a fermement rejeté les accusations du patriarche orthodoxe de Moscou Cyrille Ier. Ses affirmations selon lesquelles un aumônier militaire gréco-catholique aurait pris part à une agression contre un prêtre orthodoxe «ne sont pas vraies», explique le porte-parole Igor Jatsiv sur la page internet de l’Eglise.

Derrière l’affirmation selon laquelle seuls les croyants du patriarcat de Moscou souffrent des affrontements entre les troupes gouvernementales et les séparatistes pro-russes se cache une tentative dangereuse et inadmissible d’attiser les tensions religieuses en Ukraine, estiment les gréco-catholiques.

Les membres de toutes les confessions souffrent de la tragédie actuelle dans l’est de l’Ukraine. Des églises et des monastères des diverses confessions ont été détruits. Des prêtres des diverses communautés dans la région de Donetsk et de Lugansk ainsi que dans la presqu’île de Crimée, annexée par la Russie en mars, ont été menacés, relève Igor Jatsiv.

L’armée ukrainienne n’est pas confessionnelle

L’Eglise gréco-catholique souligne en outre que l’armée ukrainienne n’est pas structurée comme une entité confessionnelle. Par conséquent, « les aumôniers de différentes confessions servent dans la zone de l’opération antiterroriste. Ils exercent leur ministère en conformité avec les règlements du ministère de la Défense de l’Ukraine. » Ces règlements et directives ont été créés par un conseil pastoral interreligieux, dont les membres comprennent des représentants de l’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou. Les aumôniers ne sont ainsi pas autorisés à intervenir dans la vie des communautés religieuses locales, rappellent les gréco-catholiques.

Le directeur adjoint de l’aumônerie militaire, l’archi-prêtre Lubomyr Javorski critique le fait que Cyrille Ier se laisse diriger par les informations provenant de la propagande russe. Selon lui personne n’a chassé le prêtre orthodoxe russe de l’église de Slaviansk. «Il a fui lui-même parce qu’il avait soutenu les terroristes et que son église était pleine de munitions.» Aucun aumônier militaire ukrainien n’a pénétré dans cette église. Les faits reprochés par le patriarche de Moscou n’ont jamais eu lieu, conclut-il. (apic/kna/risu/mp)

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