Le cardinal Thottunkal rappelle au Premier ministre son devoir de respecter la Constitution
New Dehli, 22 août 2014 (Apic) Le cardinal syro-malankar Cleemis Thottunkal a exprimé au Premier ministre indien Narendra Modi, ce lundi 18 août 2014, la profonde inquiétude de l’Eglise face à la montée de l’extrémisme hindou et des menaces grandissantes qui pèsent sur la liberté religieuse, indique «Eglise d’Asie» l’agence d’information des Missions étrangères de Paris.
L’entretien, «cordial» selon le cardinal, a été l’occasion pour ce dernier de rappeler au chef du gouvernement qu’il est de la responsabilité du Premier ministre et du parti au pouvoir de faire respecter la Constitution, laquelle reconnaît la diversité des religions et permet à chacun d’exprimer et de vivre sa foi.
Au cours de cet entretien, Mgr Thottunkal a également assuré à Modi que «l’Eglise de l’Inde apporterait son soutien à son gouvernement, comme elle l’a toujours fait, dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la lutte contre la pauvreté».
Le Premier ministre, pour sa part, a parlé de manière élogieuse du travail de l’Eglise notamment dans la reconstruction des villages détruits par le tremblement de terre qui avait ravagé son Etat natal du Gujarat, a affirmé le cardinal.
Geste qui mérite d’être souligné: Modi a chaleureusement accepté le cadeau offert par le chef de l’Eglise syro-malankare – un petit bas-relief représentant la Cène – alors qu’il avait refusé, lors de son élection, une calotte traditionnelle musulmane qui lui avait été offerte en présent.
Cette rencontre, organisée à la demande de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), fait suite aux récentes attaques antichrétiennes et antimusulmanes par des hindous extrémistes dans plusieurs Etats de l’Inde depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi.
A l’issue de leur rassemblement du 6 au 8 août 2014, la Conférence des évêques a publié une déclaration commune dans laquelle elle fait part de ses craintes concernant les «mouvements de violence à l’égard des chrétiens», mais également quant aux projets pro-hindous affichés par de nombreux membres du gouvernement Modi.
Les évêques exprimaient également une «profonde inquiétude» concernant certaines déclarations qui avaient été faites par de hauts responsables selon lesquelles l’hindouisme pourrait être favorisée parmi les autres religions. (apic/eda/mdb/pp)
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