Gaza: L'évêque auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem se réjouit de l'accord israélo-palestinien

Pour Mgr Shomali, la guerre n’a révélé aucun vainqueur

Gaza/Jérusalem, 28 août 2014 (Apic) Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem, s’est réjoui, le 27 août 2014 sur Radio Vatican, de l’accord de cessez-le-feu signé entre Israël et le Hamas. Il a espéré que les habitants de Gaza pourront profiter des nouvelles opportunités qui s’offrent à eux mais rappelle que les belligérants ne seront victorieux que lorsqu’ils auront signé entre eux une paix juste.

Israéliens et Palestiniens ont accepté, le 27 août 2014, un cessez-le-feu permanent à Gaza. L’accord met fin à 50 jours de combats qui ont causé la mort de 2’143 Palestiniens, de 70 Israéliens, et dévasté le territoire palestinien.

Un cessez-le-feu qui suscite beaucoup d’espoir, avec peut-être la perspective de la paix en Terre Sainte, affirme Radio Vatican. L’accord a été salué par Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies, qui a néanmoins appelé à traiter les causes structurelles du conflit, comme par exemple le statut des territoires palestiniens, pour mettre fin à 47 ans d’occupation.

Reconstruire Gaza

Mgr Shomali avait, comme de nombreuses personnalités, réclamé ce cessez-le-feu. Et même s’il ne peut pas prévoir de quoi sera fait l’avenir, il a envie d’y croire. Au micro de Radio Vatican, il s’est réjoui de cette vie qui va s’offrir au 1,8 million de Palestiniens qui vivent à Gaza. «Désormais, les gens peuvent aller et venir. Prochainement, ils pourront envoyer et recevoir des marchandises. La côte peut être utilisée pour la pêche, comme ça les gens auront plus de travail. Et il faudra aussi du monde pour reconstruire Gaza», assure l’évêque auxiliaire.

L’allègement du blocus imposé depuis 2006 par Israël a en outre permis au prêtre catholique de Gaza, le Père Jorge Hernandez, de venir à Jérusalem. «Il est maintenant chez moi, il va me parler de la situation de la paroisse et de la population. Voilà, c’est un des fruits de cet accord, l’ouverture des passages», souligne Mgr Shomali.

La nécessité d’une reconnaissance mutuelle

Mgr William Shomali estime que, cette fois, le cessez-le-feu va tenir. Selon lui, les deux parties sont fatiguées de combattre et ont réalisé qu’ils ne peuvent pas détruire l’autre.

Mais, pour le prélat, personne n’a gagné cette guerre, les deux l’ont perdue. Il note tout de même que le Hamas a marqué un point car il a obtenu l’ouverture de tous les accès à Gaza, alors que jusqu’à présent trois étaient ouverts. Au-delà de ce qui est pour lui une avancée, il ne préfère pas parler de « victoire » face aux immenses dégâts de ces 50 jours de guerre, les plus de 2’000 morts, les plus de 10’000 blessés et les 20’000 appartements détruits. A cela s’ajoutent la peur, la psychose et le traumatisme des enfants. Ainsi, pour le prélat, Israéliens et Palestiniens ne seront victorieux que s’ils arrivent à signer un traité de paix.

Pour y parvenir, Mgr William Shomali attend que les deux parties suivent les résolutions internationales, comme la reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de juin 1967. Et que les Palestiniens, ainsi que les pays arabes, signent la reconnaissance de l’Etat d’Israël. «Au final, ça sera la victoire d’Israël car il sera reconnu par l’ensemble des pays arabes et il aura un traité de paix avec eux, et de l’autre côté, les Palestiniens auront un Etat viable, où ils pourront vivre avec dignité». (apic/rv/rz)

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