Rome, 4 septembre 2014 (Apic) A l’occasion d’une rencontre au Vatican, le 4 septembre 2014, l’ancien président israélien Shimon Peres a longuement parlé au pape François de son souhait de voir naître une «ONU des religions» que présiderait le pontife lui-même. Si le pape n’a pris aucun engagement en ce sens, a indiqué par la suite le Bureau de presse du Saint-Siège, il a «écouté avec grande attention» l’ancien président de l’Etat hébreu avec qui il s’est entretenu plus de 45 minutes en privé.
Dans une interview accordée à l’hebdomadaire catholique italien Famiglia Cristiana peu avant son audience avec le souverain pontife, Shimon Peres avait ainsi annoncé vouloir lui proposer de créer une «Organisation des religions unies, une ONU des religions». «C’est bien de cela qu’il voulait parler avec le pape et dont il a parlé», a précisé par la suite le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi. Le pape François «n’a pas pris d’engagement à l’heure actuelle», a indiqué le ›porte-parole’ du Vatican, précisant que les 2 hommes n’avaient pas parlé de politique mais essentiellement de cette initiative de Shimon Peres sur laquelle pourraient travailler les collaborateurs du ponti fe, dans les dicastères concernés.
Le but de cette organisation interreligieuse, a expliqué l’ancien président israélien à Famiglia Cristiana, serait de trouver un moyen de s’opposer aux terroristes qui «tuent au nom de la foi». Pour Shimon Peres, l’ONU n’a pas les moyens de s’opposer aux organisations terroristes car quand elle «envoie au Moyen-Orient des forces de maintien de la paix qui viennent des Iles Fidji ou des Philippines et que certains sont séquestrés par les terroristes». Dès lors, s’est interrogé le leader israélien, «que peut faire le secrétaire général des Nations unies ? Une belle déclaration».
Le pape François ferait alors pour l’ex-président un parfait chef de cette ›ONU des religions’ car, par la force de ses homélies, le pontife peut rassembler «un demi-million de personnes» sur la place Saint-Pierre. «Ce dont on a besoin, c’est justement d’une autorité morale indiscutable qui dise à haute voix : non, Dieu ne le veut pas et ne le permet pas», a en outre assuré Shimon Peres en référence à ceux qui tuent au nom de Dieu.
«La majorité des personnes n’est pas comme eux, elle pratique sa religion sans tuer personne, sans même y penser», a également souligné Shimon Peres. Le souverain pontife a déjà prouvé sa valeur aux yeux du prix Nobel de la paix, lorsqu’il a invité le président palestinien Mahmoud Abbas, le patriarche Bartholomée 1er et lui-même à prier au Vatican, le 8 juin dernier.
Dans la matinée du 4 septembre, après sa rencontre avec Shimon Peres, le pape François a reçu un autre homme particulièrement engagé dans le dialogue interreligieux, le prince jordanien Hassan bin Talal. Le prince, qui s’est entretenu une demi-heure avec le pape, est le fondateur d’un centre interreligieux pour la paix. (apic/imedia/mb/mp)
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