Rome : Rencontre avec l’abbé Pascal Burri, nouvel aumônier de la Garde suisse

Accompagner les gardes sur leur chemin de foi

Rome, 8 septembre 2014 (Apic) Nouvel aumônier de la Garde suisse pontificale depuis le 1er septembre 2014, l’abbé Pascal Burri entend donner du sens à la vie des 110 hommes au service quotidien de la sécurité du pape. I.MEDIA a rencontré au début de sa mission ce prêtre neuchâtelois du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), âgé de 49 ans.

Pascal Burri a quitté durant l’été l’unité pastorale de Ste Thérèse – St Laurent, à Fribourg, dont il était le curé modérateur depuis 2005. Comme aumônier de la Garde suisse, il succède à Mgr Alain de Raemy, qui a quitté cette fonction après sa nomination comme évêque auxiliaire du diocèse de LGF, le 30 novembre 2013.

L’appartement de Pascal Burri, au sein de la caserne de la Garde suisse, est encore en cours d’installation. Mais le prêtre reçoit avec un café et quelques chocolats suisses sur sa terrasse, idéalement située au pied du Palais apostolique et au début du ›Passetto di Borgo’, ce mur fortifié qui relie depuis sept siècles la Cité du Vatican au Château Saint-Ange.

«Cette terrasse fait des envieux», reconnaît d’emblée l’abbé Burri avant d’expliquer qu’il souhaite bien la partager avec le plus de gardes possible. Des jeunes hommes qui consacrent deux ans de leur vie, ou plus, au service du pape et du Saint-Siège, et qu’il entend «accompagner dans leur foi». Au début de sa mission, le prêtre suisse sait qu’il doit être proche des gardes, faire connaissance, et s’intéresse déjà aux quelques familles qui vivent dans la caserne. La formation religieuse des enfants figure parmi ses missions.

Le rôle principal de l’aumônier est donc d’accompagner les gardes et les officiers au quotidien, de leur célébrer la messe. «La messe à 6h15, c’est un peu tôt, mais nous sommes dans une caserne», reconnaît en souriant le prêtre en col romain gris. Son rôle s’étale sur toute la vie d’un garde, de son recrutement en Suisse jusqu’à sa formation, lors de l’une des trois «écoles de recrues» annuelles. Durant ces cinq semaines de formation, il intervient pour une «mise à jour spirituelle» des gardes, pour leur présenter aussi le rôle du pape et les bases de la foi en fonction du parcours de chacun.

Puis, l’aumônier est aussi chargé de la promotion et de l’avancement des gardes, aux côtés du commandant. S’il sait que cela peut créer parfois «tensions, jalousies et luttes de pouvoir», il compte bien être l’aumônier de tous. La Garde suisse est un monde en soi au sein du petit Etat du Vatican, et le prêtre confie que «ces jeunes qui ont beaucoup à faire, avec des horaires de travail exigeants, risquent toujours de se déconnecter du monde extérieur». Il veillera au grain.

Des soldats pèlerins

Au fil de l’année, l’aumônier doit accompagner un groupe de gardes au Pèlerinage militaire international à Lourdes, et préparer la retraite de Carême, organisée distinctement pour les trois groupes linguistiques qui composent le petit corps d’armée : germanophone, francophone et italophone.

L’abbé Burri nourrit l’espoir de pouvoir emmener les gardes en pèlerinage l’été prochain à l’abbaye suisse Saint-Maurice d’Agaune, qui célèbre en 2015 le 1500e anniversaire de sa fondation. Elle a vu le jour sur le tombeau des saints martyrs Maurice et ses compagnons, des soldats morts témoins de leur foi vers l’an 300. Tout un symbole pour les gardes suisses.

S’il est très enthousiaste au début de cette nouvelle mission, Pascal Burri admet qu’il doit encore découvrir le Vatican. Il garde le souvenir, cependant, de l’année au cours de laquelle il a étudié à Rome, effectuant chaque semaine des recherches aux Archives secrètes du Vatican sur l’action diplomatique de Benoît XV (1914-1922) en faveur de la paix durant la Première Guerre mondiale.

Le pape, la paix, les soldats, le Saint-Siège… voilà qui préparait bien Pascal Burri à cette nouvelle mission d’aumônier de la Garde suisse pontificale. Sans parler de son expérience avec les jeunes, dans les nombreuses colonies de vacances dont il s’est occupé, les camps de scoutisme, la catéchèse et la préparation aux sacrements. Ainsi, il est convaincu que son expérience avec les jeunes en paroisse, en Suisse, lui sera utile à Rome. «Je me suis toujours investi pour la jeunesse», confie celui qui fut également aumônier militaire.

Dans la cour d’honneur, quelques mètres en dessous de la terrasse, résonnent les ordres d’un officier instructeur. Il est temps de nous quitter. La vie de la garde continue et l’abbé doit encore faire le tour des différents bureaux au Vatican. (apic/ami/mp)

Encadré

Pascal Burri est né le 4 septembre 1965 à Neuchâtel. Après une demi-licence en histoire, littérature française et musicologie, qu’il obtient parallèlement à un diplôme d’enseignement de l’orgue, il entre au séminaire de Lausanne, Genève et Fribourg en 1989. Licencié en sciences religieuses de la Faculté de théologie de Fribourg en 1994, Pascal Burri est ordonné prêtre le 21 mai 1995 à Neuchâtel. De 1994 à 1999, il effectue son ministère à Bernex (GE), de 1999 à 2005 à Gruyères (FR), avant de rejoindre Fribourg, dans l’Unité pastorale de Ste-Thérèse-St-Laurent (Fribourg, Givisiez et Granges-Paccot) dont il est curé modérateur jusqu’à sa nomination à Rome.(apic/arch/mp)

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