Burundi: Trois missionnaires italiennes assassinées dans le nord du pays

L’acte d’un jeune déséquilibré

Bujumbura, 8 septembre 2014 (Apic) Trois religieuses italiennes de la congrégation des Xavériennes ont été assassinées, le 7 septembre 2014, à quelques heures d’intervalle, dans le nord du Burundi, a annoncé le site internet du journal «La Voix du Burundi ». Le média burundais affirme que les deux premières religieuses auraient été violées avant d’être tuées et la troisième égorgée. Selon l’agence d’information missionnaire MISNA, la police aurait identifié le meurtrier, un jeune homme déséquilibré.

Les deux missionnaires Lucia Pulici et Olga Raschietti, travaillant à la Paroisse Kamenge, ont été assassinées dans l’après-midi du 7 septembre. La troisième, Sœur Bernadetta Boggian, a trouvé la mort dans la nuit du 7 au 8 septembre, dans les mêmes lieux.

Les mobiles de ces assassinats, perpétrés contre une congrégation de l’Eglise catholique fortement appréciée dans la région, restent pour le moment inconnus. Selon le quotidien italien «La Repubblica», il pourrait s’agir d’une tentative de cambriolage qui a mal tourné.

Les deux premières victimes italiennes servaient dans un centre de jeunesse œuvrant pour la coexistence pacifique entre les différents groupes ethniques locaux.

Macabre découverte

Le Père Pulcini, supérieur des missionnaires xavériens au Burundi, a relaté à MISNA le déroulement des événements. Il explique que, le 7 septembre, Sœur Bernadetta Boggian et une des ses consoeurs sont allées à la capitale Bujumbura pour accueillir à l’aéroport les autres religieuses xavériennes revenues de leur chapitre général, à Parme, au nord de l’Italie, leur diocèse d’origine. Revenue à la mission, elles se sont étonnées de trouver portes et volets clos. Sœur Bernadetta est allée trouver le Père Pulcini pour lui confier son inquiétude. Les recherches avec son aide n’ont rien donné. Sœur Bernadetta a ensuite trouvé une porte secondaire de la résidence ouverte. Une fois rentrée, elle a découvert les corps sans vie de Sœurs Olga et Lucia. Les autorités ont alors été alertées et l’enquête a débuté.

Un troisième meurtre malgré la présence policière

Malgré ce qui s’est passé, les religieuses de la mission ont décidé de rester dormir dans la résidence. Sœur Giordana, interogée par l’agence d’information vaticane Fides a retracé ainsi les circonstances du meurtre de Sœur Bernadetta: «Cette nuit-là, quatre religieuses étaient restées au couvent. Peut-être la chambre de Sœur Bernardetta était-elle la seule que l’assassin ou les assassins ont trouvé ouverte. Les religieuses se sentaient relativement en sécurité parce que la police se trouvait à l’extérieur de la mission. Durant la nuit, les religieuses ont entendu crier. Elles se sont appelées réciproquement avec leurs téléphones portables et ont averti les Pères xavériens de la mission voisine. Lorsqu’ils sont arrivés, ils se sont rendus compte que la seule religieuse manquant à l’appel était Sœur Bernardetta. Ils se sont rendus dans sa chambre et l’ont trouvée morte».

Même s’il s’agit d’un crime distinct de celui de l’après-midi, le modus operandi a été le même, note Fides. «Nous pensons qu’une seule et même personne a commis ces crimes et qu’il s’agit du geste d’un inconscient», relève Sœur Giordana. Elle précise que les victimes étaient des missionnaires âgées ayant de graves problèmes de santé et qui étaient revenues au Burundi pour passer leurs dernières heures parmi les leurs. (apic/ag/rz)

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