Lucerne: Le poste de curé de la plus importante paroisse de la ville est à repourvoir
Lucerne, 10 septembre 2014 (Apic) Elle est la plus ancienne et la plus importante église de la ville de Lucerne. Si importante que le prêtre qui en prend la responsabilité doit recevoir la «bénédiction» du Conseil d’Etat. Le poste de curé de la Hofkirche est justement à repourvoir.
On cherche «une forte personnalité dirigeante avec de bonnes capacités d’organisation et de communication». Le candidat doit également avoir «de larges intérêts dans le domaine culturel et être ouvert à la nouveauté». Une annonce en vue de trouver un «manager»? Oui, et même avec de sacrées capacités! L’Eglise catholique de la Ville de Lucerne cherche un nouveau curé pour la paroisse St. Leodegar im Hof autour de la célèbre «Hofkirche» (église collégiale et paroissiale Saint-Léger). L’actuel titulaire, l’abbé Beat Jung, 64 ans, officiera dès l’an prochain à Rontal.
La paroisse St. Leodegar, avec ses 6’000 fidèles, est la plus importante des huit paroisses de la ville. Et le prêtre qui y officie peut sans conteste se doter du titre de «curé de la Ville». La collégiale est l’enseigne catholique de Lucerne et ses célébrations attirent de très nombreux fidèles, également de l’extérieur.
L’importance croissante de cette église au cours de l’histoire est démontrée par une situation politique unique: son curé est élu par le Conseil d’Etat lucernois. Une élection qui prend aujourd’hui la forme d’une ratification politique de la nomination par l’évêque de Bâle. Le Conseil d’Etat est, dans ce cas, le successeur légal du Conseil de la Ville en tant qu’organe d’élection, lequel avait hérité de cette fonction des fondateurs de la ville, les moines bénédictins du couvent alsacien de Murbach. Le curé de la Hofkirche doit également être conscient qu’il est le successeur du tout premier prêtre de la ville de Lucerne.
En 1178, pour la première fois, un prêtre du prieuré bénédictin du lieu est nommé au service de la population. Il sera par la suite intégré à la première paroisse de la ville, celle de St. Leodegar im Hof.
Au vu de tout ce poids symbolique et historique, on peut légitimement se demander si le nouveau curé de la Hofkirche doit correspondre à un profil très particulier. «Non», répond Urban Schwegler, porte-parole de la collectivité ecclésiastique de Lucerne. Au fond, le candidat doit répondre aux mêmes critères qu’un curé de paroisse «normal». Même si un profil particulier a été élaboré pour St. Leodegar: «Le curé doit effectivement avoir des capacités de direction et de communication», souligne Urban Schwegler. Il dirige tout de même une équipe de 35 collaborateurs et près de 300 bénévoles. Il ne doit pas avoir peur de se trouver sous les feux de a rampe. «Le curé de la Hofkirche accomplit de nombreuses tâches de représentation. Il est invité à beaucoup d’événements», indique Urban Schwegler.
Le porte-parole ne s’attend pas à un afflux de dossiers de candidature. Le «marché de l’emploi» s’épuise. Le manque de prêtres est illustré par les chiffres actuels sur la relève. Dans tout le diocèse de Bâle, avec plus d’un million de catholiques, il n’y avait que 9 candidats à la prêtrise en formation le semestre dernier. Il n’y a pas de miracle: de nombreuses paroisses cherchent, souvent en vain, un nouveau prêtre. Beaucoup ne disposent que d’un prêtre à temps partiel ou doivent faire appel à un homme d’Eglise à la demande, souvent des prêtres retraités ou des membres d’une communauté religieuse. Ces derniers célèbrent la messe, ce que seul un prêtre peut accomplir, alors que les autres tâches pastorales sont confiées à des laïcs responsables de paroisses, souvent pères de famille, qui animent régulièrement des célébrations et gèrent administrativement la paroisse.
Au vu du manque de prêtres, serait-il envisageable que la responsabilité de la Hofkirche soit confiée à un laïc et que les tâches liturgiques soient accomplies par un prêtre extérieur? Pas vraiment. L’église la plus importante de Lucerne sans son propre prêtre? Impensable. C’est pourquoi la paroisse cherche explicitement un prêtre à sa tête. Idéalement, ce dernier doit être accoutumé aux réalités locales. Il n’est en soi pas exclu que ce soit un étranger, affirme Urban Schwegler. Mais à condition qu’il maîtrise bien l’allemand. Le salaire du curé de la Hofkirche est défini par le règlement de l’Eglise catholique à Lucerne. Actuellement, le salaire brut d’un curé ou d’un laïc responsable de paroisse peut atteindre les 150’000 francs par an.
Le profil du curé défini par l’annonce prévoit que «la collaboration et le partenariat à l’intérieur de la structure duale de l’Eglise sont évidents pour lui.» Cela concerne cette particularité suisse selon laquelle les catholiques n’ont pas seulement un évêque à leur tête. Les corporations ecclésiastiques paroissiales et cantonales ont démocratiquement voix au chapitre. Cette double structure heurte parfois les catholiques bien intentionnés. Peu importe: la Hofkirche ne peut pas être confiée à un tenant de la ligne dure de l’Eglise, mais à un prêtre qui reconnaît les structures démocratiques. (apic/c&w/rk/bb)
Le dossier hebdomadaire «Christ und Welt» est édité par l’Association Catholique Suisse pour la Presse (ACSP) et paraît notamment dans la Luzerner Zeitung.
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/on-cherche-une-forte-personnalite-dirigeante/