Pas de dommages à la propriété
Paris, 10 septembre 2014 (Apic) Les neuf ›Femen’ qui avaient bruyamment manifesté dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, après l’annonce du renoncement du pape Benoît XVI, notamment en frappant à coups de bâton les nouvelles cloches exposées dans la nef, ont été relaxées le 10 septembre 2014 de l’accusation de dommages à la propriété.
Ayant pris la précaution de recouvrir leurs bâtons de feutrine, elles n’ont pas endommagé les cloches, a constaté le Tribunal correctionnel de Paris. Trois gardiens de l’édifice qui les avaient expulsé manu militari ont écopé d’amendes avec sursis.
Le parquet, qui n’avait pas retenu le délit d’exhibition sexuelle, les jeunes femmes ayant comme à leur habitude manifesté seins nus, ni celui d’incitation à la haine religieuse, avait requis des peines de 1’500 euros d’amende.
«La qualification des faits était totalement inadaptée et ne pouvait déboucher que sur une relaxe ou une très faible condamnation. En faisant le choix de ne retenir qu’une dégradation sur des biens matériels, le Parquet a non seulement préparé le chemin de la relaxe mais a créé un écran de fumée dissimulant la gravité des faits», a réagi sur un blog du ›Figaro’ Julie Graziani, porte-parole d’Ensemble pour le bien commun, une association de jeunes laïcs catholiques. Elle déplore «un effet d’incitation pour ceux qui les commettent et qui gagnent sur les deux tableaux, en cumulant la publicité médiatique assurée par les poursuites judiciaires et la confortable certitude d’une absence de peine ou d’une peine insignifiante.» A l’inverse les gardiens n’ont pas bénéficié de la même clémence.
La loi française de 1972 a créé le «délit de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée». Pour Julie Graziani, cette action perpétrée pour avoir le plus grand retentissement médiatique possible tombe bien sous le coup de cette loi.
Il s’agit du premier procès des Femen consécutif à l’une de leurs actions. Un autre doit suivre le 15 octobre. L’une des militantes, qui avait participé à l’action de Notre-Dame, et qui a depuis quitté le mouvement, sera jugée pour «exhibition sexuelle». (apic/ag/mp)
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