Bangladesh: Caritas plante des milliers d’arbres pour lutter contre la déforestation

Le reboisement limite les effets destructeurs des intempéries

Chittagong, 11 septembre 2014 (Apic) L’œuvre d’entraide catholique Caritas, à Chittagong, au sud-est du Bangladesh, a fait planter ces dernières semaines, en association avec six ONG, des milliers d’arbres dans le district du Bandarban. L’initiative a pour but de limiter les glissements de terrains et les effets destructeurs de la mousson liés à la déforestation.

L’exploitation intensive de la forêt est devenue une menace majeure pour la protection de l’environnement dans cette région limitrophe de la Birmanie, rapporte le 10 septembre 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.

La surface reboisée occupe environ 26 km, le long d’une route très fréquentée par les touristes et particulièrement dangereuse durant la saison des pluies, en raison des glissements de terrain qui peuvent s’y produire, explique James Gomes, directeur de la Caritas de Chittagong.

Le Bandarban bénéficie des nombreuses actions que mène depuis une trentaine d’années l’organisation catholique pour lutter contre la déforestation intensive, mais aussi pour sensibiliser les populations locales aux conséquences des modifications de l’environnement.

Les autorités remercient l’Eglise

A l’occasion du lancement de cette campagne intitulée «pour un monde meilleur où vivre ensemble», le responsable du district, KM Tarikul Islam, a remercié l’Eglise catholique ainsi que les autres ONG présentes pour leur engagement concret dans la protection de l’environnement et la sécurité des personnes.

Pour effectuer ses programmes de reboisement, la Caritas a mis en place plus d’un millier de pépinières dans le Bandarban où plusieurs centaines de familles aborigènes, dans le cadre d’un programme «travail contre nourriture», entretiennent les jeunes plants destinés à la reforestation.

Le Bangladesh menacé de disparition

«La déforestation a atteint un rythme alarmant ces dernières années. Si aucun changement n’intervient, le Bangladesh n’aura bientôt plus de forêts», avertissait en 2012 le Centre pour la recherche forestière internationale scientifique. L’organisation rappelait que les lois de protection de l’environnement au Bangladesh existaient mais n’étaient pas appliquées, en raison de la corruption des fonctionnaires locaux et de l’absence de responsabilité des grands propriétaires terriens et des industriels. Le centre rejoignait les conclusions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), estimant que la jungle épaisse qui recouvrait autrefois le pays ne s’étendait plus que sur 7% de sa surface.

Le Bangladesh, situé dans le plus grand delta du monde formé par la confluence du Gange et du Brahmapoutre, est l’un des pays les plus vulnérables aux inondations et cyclones dont les conséquences sont un peu plus dévastatrices chaque année, note EdA. Avec son relief constitué de plaines inondables à 90% et la disparition progressive de la forêt qui jouait un rôle de bouclier naturel, le pays est désormais considéré comme «susceptible de disparition» avec l’accentuation des effets du réchauffement climatique de la planète.

La forêt sauve des vies

En mai 2008, après le passage du cyclone Nargis, Caritas avait lancé l’opération «mur vert», en collaboration avec les autorités locales. L’organisation catholique avait distribué des milliers de brochures et effectué des missions de sensibilisation dans les villages isolés pour expliquer comment la présence d’une couverture forestière pouvait réduire l’impact des cyclones et des inondations, en particulier dans les zones à risque, au niveau de la mer.

Lors de la catastrophe humanitaire déclenchée par le cyclone Sidr en novembre 2007, les responsables de Caritas avaient constaté que la région des Sundarbans avait été moins touchée que d’autres zones de la baie, en raison de la présence de la mangrove, qui avait joué son rôle de barrière protectrice.

La déforestation gagne cependant actuellement également la mangrove des Sundarbans, l’une des plus importantes du monde, avec sa faune et sa flore exceptionnelle, abritant notamment une importante population de tigres du Bengale, une espèce en voie de disparition. (apic/eda/rz)

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