Centrafrique: Human Rights Watch décerne le 'Prix Alison Des Forges' à un prêtre catholique

Le Père Bernard Kinvi récompensé pour avoir protégé des civils musulmans

Washington/Bangui, 17 septembre 2014 (Apic) Le prêtre catholique Bernard Kinvi a été désigné, le 16 septembre 2014, lauréat du ‘Prix Alison Des Forges’. La distinction, décernée par l’organisation américaine de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW), honore le Père Kinvi pour son «courage sans faille et son dévouement» dans la protection des civils musulmans au plus fort de la crise qui a débuté en 2013 en République centrafricaine (RCA).

Le Prix récompense chaque année des personnes ayant mis leur vie en danger pour protéger la dignité et les droits d’autrui.

HRW a expliqué que, lorsque les violences interreligieuses ont éclaté en RCA, le Père Kinvi a sauvé la vie de centaines de musulmans, assiégés dans leur quartier, qu’il a réunis et hébergés dans son église. Le prêtre, qui dirige également un hôpital à Bossemptele, au nord-ouest de la RCA, n’a pas cédé aux nombreuses menaces de mort prononcés par les anti-balaka, les milices chrétiennes qui pourchassaient les musulmans.

En mars 2014, des soldats africains de maintien de la paix ont évacué la majorité des musulmans restants de Bossemptele au Cameroun, en plus des quelques 100’000 ayant déjà fui le pays. Mais environ 70 personnes, dont plus d’une dizaine d’enfants handicapés, se sont retrouvés bloqués dans l’église catholique, beaucoup étant trop faibles pour faire le voyage. «Sans se laisser décourager, le Père Kinvi a continué à s’occuper des réfugiés à sa charge et a finalement réussi à les ramener à leurs proches», a indiqué HRW.

Terribles massacres à Bossemptele

La crise en RCA a éclaté en mars 2013, lorsque les musulmans des forces Séléka ont renversé le gouvernement et déclenché une vague de violences, brûlé de nombreux villages et tué un grand nombre de personnes. En réponse à ces actes, des milices, les «anti-Balaka», recrutées dans la population majoritaire chrétienne, ont commencé à attaquer des bases de la Séléka ainsi que des civils musulmans. Beaucoup de ces derniers ont été massacrés, leurs maisons et leurs mosquées détruites. Bossemptele a été le lieu d’une des attaques les plus meurtrières, dans laquelle les «anti-balaka» ont tué plus de 80 musulmans. Le Père Kinvi a passé des journées entières à chercher des survivants, pour la plupart des enfants, afin de les amener dans son église, à l’abri des violences. (apic/ibc/com/rz)

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