Les défis de la pastorale familiale en ligne de mire
Rome, 19 septembre 2014 (Apic) L’Eglise doit être «réaliste» et «accompagner» les différentes situations qui existent dans la société. C’est ce qu’a affirmé le cardinal Walter Kasper, ancien président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le 18 septembre 2014, au quotidien français « La Croix ». Dans le cadre du Synode des évêques sur les défis de la pastorale familiale, en octobre prochain, le prélat allemand avait proposé, en février dernier, une solution concernant l’accès à la communion pour les divorcés remariés. Une proposition appuyée par le pape mais qui a suscité des réactions contrastées au sein de la curie romaine.
«Nous connaissons aujourd’hui une certaine crise de la famille, comme le montre à l’évidence le nombre de divorces et de jeunes qui ne veulent pas se marier, s’engager», souligne le cardinal Kasper dans l’interview. Aux yeux du haut prélat, «l’Eglise ne peut donc pas se contenter aujourd’hui de faire valoir un idéal de vie de famille mais doit être réaliste et accompagner ces situations, qui sont déjà présentes dans la Bible, comme l’aliénation entre hommes et femmes, le problème après la mort d’un conjoint…L’Eglise doit encourager la vie de famille en connaissant la réalité de situations concrètes», insiste-t-il, soulignant la nécessité d’une Eglise «accueillante, accompagnatrice».¨
L’Eglise entend l’aspiration de la grande majorité des jeunes à trouver le bonheur de la vie dans une alliance définitive, ajoute le cardinal Kasper. « Ce qu’ils parviennent ensuite à construire est une autre question, mais ce noble désir est présent chez beaucoup et nous devons aider à l’assouvir…J’espère que le Synode des évêques à venir indiquera des pistes», assure le prélat allemand.
Interpellé sur l’ignorance des enseignements de l’Eglise révélée par les réponses au questionnaire envoyé en préalable au Synode, le cardinal Kasper assure qu’il faut écrire ces enseignements de «manière à aider chacun à réaliser son désir de bonheur…Personne ne saisit le langage officiel de la doctrine de l’Eglise», regrette-t-il.
Sur la question de la communion pour les divorcés remariés, «le pape François veut une discussion ouverte, un échange d’arguments, que les évêques expriment leurs préoccupations pastorales, leurs expériences concrètes», relève le cardinal Kasper. Et d’assurer qu’il ne craint pas un tel débat.
«Nous devons parvenir à un consensus» sur cette question, souhaite-t-il, tout en nuançant: «Je ne pense pas que l’on puisse trouver une solution unique pour le monde entier, tant les situations sont contrastées. On peut aboutir à des lignes générales, à des critères, mais sans trop de détails pour laisser de l’espace aux conférences épiscopales nationales». Selon le cardinal Kasper, il ne faut pas craindre un écroulement de toute la doctrine de l’Eglise. «La peur est mauvaise conseillère!», assure le prélat.
Après son intervention sur la pastorale de la famille, en ouverture du consistoire des 20 et 21 février derniers, plusieurs reconstructions dans la presse ont montré un collège cardinalice divisé sur les ouvertures pastorales proposées par le prélat allemand concernant l’accueil de divorcés remariés. Il a notamment proposé d’autoriser l’accès à la communion pour les personnes divorcées remariées, à condition qu’elles observent un chemin de pénitence. (apic/imedia/mm/rz)
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