Avion papal: L’Albanie n’est pas un pays musulman mais européen, affirme le pape

Le pontife salue le témoignage des martyrs polonais

Rome/Tirana, 22 septembre 2014 (Apic) Dans l’avion qui le ramenait de Tirana, le 21 septembre 2014 en fin de journée, au terme d’une visite d’une douzaine d’heures, le pape François a affirmé que l’Albanie n’était pas un «pays musulman» mais bien «européen», alors que celui-ci est officiellement candidat à l’entrée dans l’Union européenne (UE) depuis le mois de juillet dernier. Devant la cinquantaine de journalistes présents sur le vol papal, le souverain pontife a souligné que le «niveau de cruauté» de la dictature en vigueur pendant des décennies avait été «terrible». Il a salué le témoignage des martyrs albanais.

Peu après le décollage de Tirana, dans l’avion qui le ramenait à Rome, le pape François a fait l’éloge du «chemin de coexistence» accompli par l’Albanie, qui va bien au-delà de l’expérience d’autres pays aux caractéristiques similaires. Evoquant la préparation de sa visite, le pontife n’a pas caché sa surprise concernant la découverte de ce pays. «Ce n’est pas un pays musulman mais c’est un pays européen», a-t-il déclaré. En visitant ce pays en premier sur le vieux continent, avant même d’aller parler devant le Parlement européen fin novembre, le pape a assuré vouloir donner un «signal».

Ces mots auront certainement un écho particulier à Bruxelles, car l’Albanie est officiellement candidate depuis trois mois à l’entrée dans l’Union européenne (UE). L’islam est souvent invoqué comme une raison pouvant empêcher l’entrée de certains pays dans l’UE, car symbole d’une trop grande différence culturelle.

Pas de commentaire sur le Synode des évêques

Interrogé par trois des six Albanais présents dans l’avion, le pape est revenu sur les persécutions religieuses sous la dictature communiste en vigueur jusqu’au début des années 1990. «La souffrance que vous avez vécue, je l’ai vue de près», a-t-il assuré, évoquant une «période cruelle».

«L’Albanais n’est pas tolérant, c’est un frère, il a la capacité de la fraternité», a-t-il insisté. Interpellé sur les portraits des martyrs qui longeaient le boulevard menant à la place ›Mère Teresa’, où il avait célébré la messe le matin même, le pape a affirmé avoir été vivement touché. «Pas seulement des catholiques, mais aussi des orthodoxes, des musulmans: Tous ont donné témoignage de Dieu», a-t-il souligné.

«Entendre parler un martyr de son propre martyre, c’est fort», a relevé le pontife au sujet du témoignage d’un prêtre et d’une religieuse ayant vécus sous la dictature communiste et entendus quelques heures plus tôt à la cathédrale de Tirana. «Je crois que nous étions tous émus, ils parlaient avec humilité, comme s’il s’agissait de l’histoire de quelqu’un d’autre; cela m’a fait beaucoup de bien», a-t-il ajouté.

Interrogé sur le Synode des évêques sur la famille qui doit prochainement s’ouvrir au Vatican, le pape François a préféré ne pas répondre. «La nouvelle doit être le voyage, rien d’autre», a-t-il expliqué aux journalistes.

Il a toutefois rappelé qu’il se rendrait à Strasbourg le 25 novembre prochain et en Turquie probablement à partir du 28 novembre, afin d’être présent pour la fête de saint André, le 30, conformément à l’invitation du patriarche de Constantinople. (apic/imedia/mm/rz)

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