Appel signé et lancé par trente dignitaires représentant neuf religions
New York, 24 septembre 2014 (Apic) Trente dignitaires représentant neuf religions, réunis par le COE, ont apposé leur nom à une déclaration appelant à agir concrètement pour limiter les émissions de carbone. La rencontre s’est déroulée à New York, juste avant le sommet sur le climat des Nations Unies.
Le document signé par les chefs religieux a clos la conférence interreligieuse organisée conjointement par le COE et la coalition «Religions pour la paix», présente dans plus de 70 pays. Les signataires provenaient de 21 pays et de six continents.
«Quand, en janvier, j’ai entendu le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, convoquer les chefs d’État de la planète à un sommet sur les changements climatiques, j’ai pensé que nous aussi, les responsables religieux, devions nous réunir pour offrir nos contributions», a indiqué le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE. Les changements de grande envergure nécessitent «une conviction profonde et ferme» qu’on peut trouver, selon lui, dans les «croyances, rituels, symboles, textes sacrés et prières de la foi qui donnent un sens et un cap à une grande partie de la population mondiale.»
La déclaration, intitulée «Climat, religion et espoir: les traditions religieuses unies pour un avenir commun» a été présentée au secrétaire général adjoint de l’ONU, Jan Eliasson, avant le sommet sur le climat des Nations Unies qui a commencé le 23 septembre. Elle appelle «tous les États à collaborer de façon constructive en vue de parvenir à un accord mondial de grande portée sur le climat à Paris en 2015», qui sera «suffisamment ambitieux pour limiter l’augmentation des températures à moins de 2 °C, suffisamment juste pour répartir le fardeau de façon équitable, et suffisamment contraignant sur le plan juridique pour veiller à ce que des politiques climatiques nationales efficaces visant à limiter les émissions de carbone soient financées de façon adéquate et mises en œuvre dans leur intégralité.»
«Nous sommes des responsables religieux qui représentons une vaste majorité des croyants dans le monde, donc si nous changeons, tout change. C’est pourquoi nous devons nous engager», a déclaré le rabbin Awraham Soetendorp, fondateur de l’Institut Jacob Soetendorp pour les valeurs humaines, à la Haye. «La marche est visible. Ce que nous faisons ici est visible. Ensemble, la marche et les documents signés font une forte impression», a-t-il dit.
«Bien que nous mettions toujours l’accent sur l’au-delà, sur la vie éternelle, nous sommes extrêmement soucieux de la vie terrestre des individus», a souligné l’archevêque Demetrios de l’Archidiocèse orthodoxe grec d’Amérique. «Le climat est une question qui est au cœur de la vie humaine. Nous devons donc – nous, l’Église – garantir les meilleures conditions possibles.»
Pour certains des signataires, les changements climatiques menacent leur pays même. Aux Tuvalu, un Etat dont le territoire est constitué d’un chapelet d’îles et d’atolls coralliens dans l’océan Pacifique, l’eau de mer s’est infiltrée dans la nappe phréatique qui alimente la population en eau douce. Les scientifiques avancent l’hypothèse que l’archipel finira par se retrouver sous les eaux avec la montée du niveau des mers. «Pour mon Eglise, c’est une question de vie ou de mort, parce que c’est notre existence même qui est en péril. Or quelle que soit la menace qui pèse sur les moyens de subsistance, la vie et la continuité de la vie d’un peuple, il nous incombe à nous, croyants, de nous y opposer, car c’est une mission qui nous a été confiée par Dieu», a affirmé le pasteur Tafue Lusama, secrétaire général de l’Eglise chrétienne congrégationaliste des Tuvalu.
Au cours d’une intervention, le 24 septembre au sommet sur le climat des Nations Unies à New York, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a demandé aux Etats d’apporter une «réponse collective» face au réchauffement climatique, notamment par le «partage des technologies et du savoir-faire». Le ›numéro 2’ du Vatican appelle à un véritable «changement culturel» vis-à-vis des problématiques de l’environnement.
«Depuis la seconde moitié du siècle dernier, le consensus scientifique autour du réchauffement climatique est sans équivoque», a souligné le cardinal Parolin. Ce changement climatique a d’ores et déjà de «graves conséquences» pour les «secteurs les plus vulnérables de la société» et les «générations futures», a-t-il relevé. Face aux risques encourus, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège demande un «grand engagement politique et économique de la part de la communauté internationale, à laquelle le Saint-Siège souhaite apporter sa propre contribution».
La communauté internationale faisant partie «d’une seule famille interdépendante», elle doit apporter une «réponse collective» à ces problèmes, estime le haut prélat italien. Toutefois, cette mise en commun des efforts ne peut «résoudre la crise interdépendante du réchauffement climatique, de la pauvreté et de l’exclusion» si elle n’est pas motivée par des considérations «éthiques». En effet, le changement climatique soulève surtout des questions «éthiques et morales, car il concerne tout le monde, et plus particulièrement les plus pauvres d’entres nous, qui sont le plus exposés à ses effets».
(apic/coe/imedia/bl/bb)
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