Rome: Le diplomate du Saint-Siège accusé de pédophilie sera jugé comme un criminel

Une véritable nouveauté dans l’Eglise

Rome, 25 septembre 2014 (Apic) Pour la première fois, l’Eglise va juger un prêtre accusé de pédophilie «d’un point de vue criminel» et non «disciplinaire», ce qui constitue une véritable nouveauté, a affirmé le cardinal Velasio De Paolis. Le membre de la Cour de cassation du Vatican a relevé cet aspect dans une interview accordée au site spécialisé Vatican Insider le 25 septembre 2014. Selon le prélat, la décision «sans précédent» du pape de faire arrêter le Polonais Mgr Josef Wesolowski a un double effet «punitif et exemplaire».

«Jusqu’à présent, l’Eglise ne jugeait pas le délit de pédophilie d’un point de vue criminel mais disciplinaire», souligne le cardinal De Paolis dans cette interview. «Les actes pédophiles étaient une violation de la discipline ecclésiastique, précise-t-il, et l’arrestation de Mgr Wesolowski est un choix politique univoque et fort».

Le Bureau de presse du Saint-Siège avait annoncé deux jours plus tôt que l’ancien prélat, accusé d’avoir commis des actes pédophiles alors qu’il était nonce à Saint-Domingue entre 2008 et 2013, avait été assigné à résidence dans la Cité du Vatican. Le pape François souhaite qu’un cas «aussi grave et délicat» soit traité «sans retard» et avec la rigueur nécessaire, avait précisé le Père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.

Aux yeux du cardinal De Paolis, il s’agit d’un «geste sans précédent» du pape François. S’il est condamné, la peine du diplomate du Saint-Siège aura un «double effet: punitif et exemplaire pour le bien commun».

Relations tarifées avec des mineurs

Dénoncé par les médias dominicains pour avoir eu des relations tarifées avec des mineurs de 13 à 17 ans, le nonce apostolique Mgr Wesolowski avait été relevé de ses fonctions en août 2013 dans l’attente d’une enquête. Rappelé à Rome, il résidait Via della Scrofa, dans une résidence du Vatican en plein cœur du centre historique. Le promoteur de justice du tribunal de première instance de l’Etat de la Cité du Vatican a convoqué l’ancien nonce, contre qui il avait entamé une enquête pénale. En première instance, dans un procès canonique, il avait déjà été condamné par la Congrégation de la doctrine de la foi à la réduction à l’état laïc.

On ne sait pas si la condamnation canonique a été confirmée alors qu’en théorie, la procédure pénale auprès des organes judiciaires du Vatican ne peut se poursuivre qu’une fois la sentence canonique définitive. Il y a tout lieu de penser que Josef Wesolowski doit encore comparaître en deuxième instance devant la Congrégation pour la doctrine de la foi.

S’il est condamné, Josef Wesolowski risque plusieurs années de prison. Il pourrait les purger au Vatican, comme cela avait été le cas de Paolo Gabriele, le majordome infidèle de Benoît XVI (2005-2013), condamné puis gracié au bout de quelques mois d’incarcération. Sinon, dans le cadre d’accords internationaux, il pourrait être envoyé en Italie ou extradé vers la Pologne ou la République dominicaine. (apic/imedia/mm/rz)

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