Rome: Fête du bicentenaire du rétablissement de la Compagnie de Jésus

Le pape invite ses confrères jésuites à ramer malgré les vents contraires

Rome, 28 septembre 2014 (Apic) A l’occasion du bicentenaire du rétablissement de la Compagnie de Jésus par son lointain prédécesseur Pie VII, le pape François a invité les jésuites à «ramer», y compris lorsque «les vents sont contraires». Il a reconnu qu’il ramait, lui aussi, «dans la barque de Pierre». Le souverain pontife célébrait l’office des Vêpres, le 27 septembre 2014 en fin d’après-midi, dans l’église du Gesù à Rome. Dans une longue homélie, il a aussi rappelé que l’on ne se sauvait jamais d’un conflit «par la fourberie et les stratagèmes», mais par le discernement et l’obéissance.

Si «le bateau de la Compagnie a été secoué par les vagues» dans le passé, «la barque de Pierre peut l’être également, aujourd’hui», a souligné le pape. Pourtant, les jésuites se doivent d’être des «rameurs experts et valeureux», a-t-il poursuivi en reprenant les paroles de Pie VII dans sa bulle «Sollecitudo omnium ecclesiarum». C’est ce document qui, le 7 août 1814, avait permis de restaurer la Compagnie de Jésus, fondée en 1539 par saint Ignace de Loyola (1491-1556) puis supprimée par le pape Clément XIV en 1773, sous la pression des cours européennes.

«Ramez-donc! Ramez, soyez forts, même si les vents sont contraires», a alors lancé le pontife. «Ramons tous ensemble», a-t-il repris, reconnaissant alors que le pape, lui-même, «rame dans la barque de Pierre». «Mais tandis que nous ramons, a insisté le pape, il faut beaucoup prier: ›Seigneur, sauve-nous!’ ›Seigneur, sauve ton peuple!’ Espérons dans le Seigneur! Espérons toujours dans le Seigneur!».

Les jésuites ont connu des temps de persécution

«La Compagnie de Jésus a vécu des temps difficiles, des temps de persécution», a également reconnu le pape François dans son homélie. Pourtant, dans ces «temps de confusion et de tourments», le père Ricci, alors Supérieur général de la Compagnie de Jésus, «n’a pas perdu son temps à discuter d’idées et à se lamenter», mais a «il a obéi» et choisi le «discernement». «On ne se sauve jamais d’un conflit par la fourberie et les stratagèmes», a ainsi mis en garde le pape qui célébrait l’office des Vêpres, les épaules recouvertes d’une épaisse chape devant un parterre de jésuites.

L’église du Gesù, à Rome, est le centre névralgique d’où partit l’élan missionnaire des jésuites. A l’intérieur sont d’ailleurs conservées les reliques de saint Ignace de Loyola. C’est la 4e fois que le pape lui même jésuite, se rendait dans cette église depuis le début de son pontificat.

Encadré:

L’interdiction des jésuites s’est prolongée en Suisse

L’ordre des jésuites a été fondé en 1540 par Ignace de Loyola. Ses membres étaient alors actifs en tant que missionnaires et ont fondé de nombreuses écoles, y compris en Suisse: dont un gymnase à Lucerne en 1574, le collège St-Michel à Fribourg en 1582, et plus tard d’autres collèges à Soleure, Brigue ou encore Sion.

En 1773, sous pression politique, l’ordre fut dissout par le pape Clément XIV. Les jésuites furent dépossédés de leurs écoles et églises.

L’ordre fut rétabli en 1814 par le pape Pie VII dans sa bulle «Sollecitudo omnium ecclesiarum».

Mais en Suisse, le rétablissement des jésuites par le pape ne signifia pas la fin de la rupture. Plusieurs gouvernements cantonaux engagèrent alors des jésuites comme enseignants, s’attirant les foudres des protestants et des catholiques réformateurs. Le conflit aboutit à la guerre du Sonderbund et à la défaite de la Suisse catholique. Suite à cela, un retour des jésuites n’était plus envisageable. L’interdiction de l’ordre fut instaurée en 1848 dans la Constitution fédérale. Elle ne fut officiellement abrogée qu’en 1973.

(apic/imedia/bl/arch/bb)

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