Rome: Selon Mgr Fellay, les lefebvristes ne souhaitent pas la rupture avec Rome
Rome, 3 octobre 2014 (Apic) Un peu plus d’une semaine après sa première rencontre avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a assuré le 3 octobre 2014 que ni Rome ni Ecône ne souhaitaient rompre leurs relations.
Dans un entretien accordé à DICI, l’organe de communication de la fraternité lefebvriste, Mgr Bernard Fellay a cependant précisé que les «divergences doctrinales» demeuraient les mêmes que ces dernières années, jugeant aussi que «la crise dans l’Eglise» s’aggravait à la veille du Synode des évêques sur la famille.
Après une rencontre de 2 heures au Vatican dans la matinée du 24 septembre dernier, qui avait officiellement visé à «dépasser les difficultés et rejoindre la pleine réconciliation», Mgr Fellay juge qu’il n’y a «rien de nouveau». «Nous avons constaté, nos interlocuteurs et nous, explique le prélat, que demeuraient les divergences doctrinales qui avaient été clairement manifestées lors des entretiens théologiques de 2009-2011, et que, de ce fait, nous ne pouvions souscrire au ›préambule doctrinal’ qui nous est proposé par la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 2011».
«Il y a un nouveau pape et un nouveau préfet à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi», tempère le supérieur de la FSSPX, assurant que «cet entretien montre que ni eux ni nous ne souhaitons une rupture des relations». «Les deux parties insistent sur le fait qu’il faut clarifier les questions doctrinales avant une reconnaissance canonique», explique-t-il avant d’exposer une situation qui ressemble fort à une impasse: «C’est pourquoi, de leur côté, les autorités romaines réclament la signature du ›préambule doctrinal’ tandis que, du nôtre, nous ne pouvons pas le signer en raison de ses ambiguïtés». Pour autant, Mgr Fellay assure que Rome et la fraternité veulent «maintenir des entretiens doctrinaux dans un cadre élargi et moins formel que celui des précédents entretiens».
L’autre nouveauté, aux yeux de Mgr Bernard Fellay, est une «aggravation de la crise dans l’Eglise». «A la veille du Synode sur la famille se font jour des critiques sérieuses et justifiées, de la part de plusieurs cardinaux, contre les propositions du cardinal Kasper sur la communion des divorcés remariés», affirme le prélat suisse, avant d’expliquer que les «problèmes aigus qui se posent aujourd’hui dans l’Eglise» proviennent du Concile Vatican II (1962-1965). Dès lors, en référence au débat sur la communion des divorcés remariés, Mgr Fellay met en garde devant la tentation, à nouveau, d’opérer une «distinction artificielle entre la doctrine et la pastorale».
Une nouvelle fois, enfin, le supérieur de la FSSPX soutient que «si l’Eglise veut sortir de la crise tragique qu’elle traverse, la Tradition est la réponse à cette crise». Alors que les relations entre Rome et la FSSPX semblaient au point mort depuis le milieu de l’année 2012 et l’échec des discussions autour d’un ›préambule doctrinal’, Mgr Fellay était venu au Vatican en décembre 2013. Il avait alors rencontré Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, et Mgr Augustine Di Noia, alors vice-président de cette commission. A cette occasion, alors qu’il déjeunait à la Maison Sainte-Marthe avec ses hôtes, Mgr Fellay avait très brièvement salué le pape François. Puis, c’est le pape François lui-même qui a souhaité que le dialogue ne soit pas rompu, a appris l’agence I.MEDIA, demandant à la fois «patience» et «fermeté» à ses collaborateurs. (apic/imedia/ami/be)
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