Colère des salafistes, qui crient au complot copte contre la nation
Le Caire, 3 octobre 2014 (Apic) Le Parlement égyptien doit discuter d’un projet de loi visant à assouplir les limites imposées par la loi en matière de construction d’églises sur le territoire national. Les salafistes égyptiens sont en colère et crient au complot copte contre la nation.
Les dispositions législatives en vigueur depuis 1934 rendent quasiment impossible la construction d’églises chrétiennes en Egypte. Toute nouvelle église doit être autorisée par un décret présidentiel qui arrive seulement lorsqu’une série d’organismes centraux, à commencer par le ministère de l’Intérieur, ont donné leur feu vert. Ce projet, approuvé par le président Abdel Fattah al-Sissi soulève une vague d’espoir au sein de la communauté chrétienne mais il suscite la colère des islamistes, selon Radio Vatican.
Les permis pour la construction des églises sont extrêmement difficiles à obtenir et font face à de grandes tracasseries bureaucratiques. C’est ainsi que plusieurs villages et quartiers n’ont pas d’églises.
Dans certaines régions, les chrétiens sont obligés de parcourir des dizaines de kilomètres pour pouvoir prier lors des festivités. Certains ont été agressés par des fanatiques sur leur chemin. L’article 64 de la nouvelle Constitution approuvée en 2014 garantit la liberté de religion. Mais le Front salafiste s’oppose à une révision de la loi et soupçonne les coptes de vouloir répandre le christianisme dans certaines régions pour se détacher de l’Egypte et créer une nation indépendante.
Dans le village égyptien d’al-Qusiya, à 50 km d’Assiout, en Haute-Egypte, les membres des familles coptes Fahmy et Azmy ont été contraints de se barricader à leur domicile après qu’un groupe d’extorqueurs les ait agressés. Ils avaient refusé de payer le tribut leur ayant été imposé par le clan musulman d’Ahmed Kamel Zaawila.
Cet épisode représente le dernier développement de la longue série d’intimidations subie par les coptes d’al-Qusiya de la part du clan Zaawila. Au moins 20 plaintes, déposées devant la police locale après des cas analogues sont restées sans suite. Dans ce cas précis, les membres de la famille Fahmy ont adressé la plainte directement au Ministre de l’Intérieur, Muhammad Ibrahim. La préoccupation s’est accrue chez les coptes du village après que le chef du clan, Ahmed Zaawila, ait téléphoné à l’un d’entre eux depuis la prison où il est détenu, intimant de ne pas déposer d’autres plaintes et qualifiant d’inutiles toutes les tentatives de recours aux forces de police locales, dans les rangs desquels il se serait vanté de compter de solides «contacts».
La plaie des tributs imposés aux groupes familiaux coptes de la part d’extorqueurs musulmans devient préoccupante dans la zone d’Assiout, dans le Haut Nil. «Les victimes de ces vexations – explique à l’agence d’information vaticane Fides Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout – sont surtout des familles coptes aisées. Des membres de ces familles ont bien gagné leur vie en travaillant au Koweït ou ailleurs à l’étranger.
Les criminels ne se font pas de scrupules notamment parce qu’ils trouvent des justifications pseudo-religieuses à leur comportement, étant convaincus qu’il est licite pour un musulman de s’approprier des biens des chrétiens.
De leur côté, les chrétiens hésitent parfois entre porter plainte contre les demandes de tribut ou payer le tribut et se taire. L’effet est que les criminels de ce type voient leur nombre augmenter et que les responsables de la sécurité critiquent les chrétiens qui ne déposent pas plainte. Dans le même temps, dans certains cas, «il a été prouvé que les extorqueurs ont payé des pots-de-vin à des officiers de police pour gagner leur compréhension et s’assurer l’impunité». (apic/radvat/fides/be)
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