Synode sur la famille : Il n’y a pas de «conflit» entre cardinaux sur la question des divorcés remariés, assure le cardinal Vingt-Trois

Rome, 6 octobre 2014 (Apic) Sur l’épineux sujet des divorcés remariés, les participants au Synode des évêques sur la famille ne sont pas «campés sur une position d’adversité» ou en «conflit», comme l’ont laissé entendre les médias, a soutenu le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le 6 octobre 2014.

Intervenant devant la presse au terme de la première session de travail de l’assemblée synodale, le cardinal Peter Erdö, archevêque de Budapest et rapporteur général, a indiqué pour sa part que de nouvelles démarches pastorales impliqueraient de fait certains «aspects doctrinaux».

Après plusieurs semaines d’échanges indirects parfois musclés entre cardinaux sur la question de l’accès à la communion pour les couples divorcés remariés, le cardinal Vingt-Trois, l’un des présidents délégués du synode, a confié ne pas avoir «compris où était le conflit». Alors que le cardinal Walter Kasper, ancien président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, avait présenté des pistes pour une évolution de la discipline concernant les divorcés remariés, plusieurs cardinaux s’étaient opposés publiquement à ses propositions.

«Je ne partage pas les conclusions du cardinal Kasper»

«J’ai bien vu que le cardinal Kasper avait exprimé une démarche intellectuelle et pastorale claire et nette, qu’un éditeur avait récolté quelques articles pour surfer sur la vague, mais cela ne veut pas dire que les cardinaux se soient brusquement campés sur une position d’adversité», a affirmé l’archevêque de Paris. «Je ne partage pas complètement les conclusions pratiques du cardinal Kasper, a-t-il poursuivi, mais je n’ai aucune animosité contre sa position ou contre lui». Le cardinal Vingt-Trois a alors estimé que chacun devait pouvoir exprimer sans crainte son opinion, sans même le souci de devoir nécessairement plaire au pape.

Questions doctrinales

Devant les journalistes, le cardinal Vingt-Trois et le cardinal Erdö ont également rappelé la méthodologie de l’assemblée synodale. Le prélat français a souligné qu’il ne s’agissait pas de faire l’expérience un débat parlementaire mais bien de faire grandir une volonté commune dans l’Eglise lors de ce synode très attendu. L’assemblée synodale n’est pas un régime démocratique dans lequel la majorité l’emporte, a-t-il ajouté.

Le cardinal Peter Erdö est pour sa part revenu sur ce qu’il avait dit en ouvrant les travaux, le matin même, à savoir que les questions doctrinales n’étaient pas en discussion dans ce synode de nature purement pastorale. Le rapporteur général du synode a cependant reconnu en nuançant son propos que «les problèmes pastoraux entraînent des aspects doctrinaux, comme on l’a constaté dans les discussions de ces derniers mois».

«Nul ne veut exclure les aspects doctrinaux de la discussion», a précisé l’archevêque de Budapest, précisant que «lorsque que l’on propose une solution pastorale concrète différente de ce qui se faisait auparavant, il faut entrer dans le dialogue théologique, et il n’est pas suffisant de regarder des statistiques sociologiques, mais il faut traiter aussi les questions de doctrine».

Le haut prélat hongrois, en outre, a indiqué que le pape François avait souhaité que l’italien remplace le latin comme langue officielle du synode. (apic/imedia/mm/mp)

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