Ces réfugiés, dont 76 enfants, ont fui la politique répressive de Pékin
Kuala Lumpur, 7 octobre 2014 (Apic) Des groupes de défense des droits de l’homme ont appelé le gouvernement malaisien à renoncer au rapatriement forcé de 155 réfugiés ouïghours en Chine, rapportent le 6 octobre différents médias. Ce groupe, qui comprend 76 enfants, a fui la politique répressive chinoise. Les autorités malaisienne prétendent que ces réfugiés représentent une «menace islamiste».
La découverte de 155 réfugiés ouighours, parmi lesquels on compterait 76 enfants, a fait la Une des journaux malaisiens, rapporte l’agence d’information «Eglises d’Asie». Selon les services d’immigration, avertis par dénonciation, les réfugiés ont été trouvés le 1er octobre entassés dans deux appartements de la capitale.
S’appuyant sur une déclaration de l’Indonésie voisine qui avait affirmé il y a quelques jours avoir arrêté quatre Ouïghours pour liens avec l’Etat islamique en Syrie, les autorités malaisiennes ont argué des menaces islamistes terroristes pour incarcérer les réfugiés, en attendant de les extrader vers la Chine. Les Ouïghours, dont les passeports ont été déclarés invalides, ont été parqués dans la zone de détention des clandestins à l’aéroport de Kuala Lumpur.
Les médias d’Etat ont expliqué que «à la suite de rapports alarmants», L’Etat de Malaisie voulait protéger ses ressortissants et ne pas devenir une région de transit pour des «réseaux de combattants du djihad voulant se rendre dans l’Etat islamique».
Parmi les groupes de défense des droits de l’homme qui se sont élevés contre cette expulsion, Suaram, une ONG malaisienne, a publié le 5 octobre une déclaration dans laquelle elle faisait part de son inquiétude. Ce rapatriement forcé, a t-elle affirmé, doit absolument être empêché, étant donné qu’il «risque de mettre la vie de ces personnes en danger, et ce d’autant plus qu’il y a 76 enfants concernés».
Depuis cette déclaration, relayée par de nombreux médias, le ministère malaisien de l’immigration s’est refusé à tout commentaire.
Les Ouïghours, une minorité turcophone et à majorité musulmane vivant essentiellement dans le Xinjiang, une région située dans le nord-ouest de la Chine, font l’objet d’une répression grandissante de la part de Pékin. Ces dernières années, la résistance et les manifestations se sont multipliées dans la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, où les habitants dénoncent une politique de répression culturelle et religieuse à leur encontre ainsi qu’une sinisation forcée, similaire à celle mise en œuvre au Tibet.
Les tensions dans le Xinjiang, qui vit presque coupé du reste du monde et des médias, sont de plus en plus vives depuis les attentats anti-chinois qui ont été perpétrés par une frange terroriste ouïghoure ces derniers mois, en réaction aux mesures oppressives décrétées par les autorités.
L’ONG Suaram a souligné que les Ouïghours actuellement détenus devaient avoir le droit d’être jugés devant des tribunaux malaisiens, comme l’exigeait le droit international pour les réfugiés. Quant au Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR), il a déclaré n’avoir toujours pas pu obtenir de renseignements de la part des autorités de Kuala Lumpur au sujet des 155 Ouighours actuellement en passe d’être expulsés. (apic/eda/bb)
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